Rééducation

Posté par Jérôme Auger

13 juin 2022

Douleur antérieure de la cuisse : symptômes, diagnostic et traitement

Douleur antérieure de la cuisse : symptômes, diagnostic et traitement | Jérôme Auger | Paris

Vous avez mal à l’avant de la cuisse ? Selon sa localisation, une douleur à la cuisse peut correspondre à différentes pathologies, chacune nécessitant un traitement bien spécifique. Les douleurs antérieures de la cuisse correspondent généralement à une cruralgie, ou à une pathologie musculaire ; mais d’autres troubles peuvent aussi être en cause. Quels sont les symptômes des douleurs antérieures de la cuisse ? Comment est posé le diagnostic, et quels sont les traitements possibles ?

Symptômes d’une douleur antérieure de la cuisse

La plupart des douleurs antérieures de la cuisse sont d’origine :

  • Nerveuse, liées à la compression du nerf crural au niveau de la colonne vertébrale : on parle de cruralgie pour désigner cette pathologie
  • Musculaire, correspondant à une lésion du quadriceps, ou plus rarement de l’ilio-psoas ou des adducteurs de la hanche
  • Vasculaire, liées à une insuffisance veineuse causant une sensation de jambes lourdes

Cruralgie

Moins connue que la sciatique, la cruralgie se manifeste par une douleur vive, le long du trajet du nerf crural : elle part du bas du dos, contourne la hanche, et se prolonge à l’avant de la cuisse et de la hanche. Elle s’accompagne d’une altération de la sensibilité (fourmillements, picotements, perte des sensations) et parfois de troubles moteurs (faiblesse musculaire, voire paralysie partielle ou totale du membre atteint).

Douleur d’origine musculaire

Le plus souvent, les douleurs à l’avant de la cuisse sont d’origine musculaire, liées à une lésion au niveau du quadriceps. Les blessures musculaires du quadriceps peuvent être plus ou moins graves, allant d’une simple crampe ou courbature, à l’élongation ou à la déchirure musculaire. Ce muscle, qui est le plus volumineux du corps humain, fait aussi partie des plus exposés aux blessures musculaires.

Sans surprise, ce sont les sportifs qui sont les plus exposés à ce type de lésion : en cause, un échauffement insuffisant, un entraînement trop intense, une hydratation insuffisante ou un traumatisme.

Insuffisance veineuse

L’insuffisance veineuse est une autre cause fréquente de douleur aux jambes et aux cuisses ; elle correspond à une stagnation du sang au niveau des jambes. Ce manque de retour veineux est généralement lié à des facteurs de mode de vie et de condition physique : sédentarité, surpoids, vieillissement, exposition à la chaleur…sans oublier la grossesse, qui vient comprimer la veine cave inférieure à cause du volume de l’utérus. Il existe aussi une prédisposition génétique à l’insuffisance veineuse.

Cette problématique se manifeste surtout par une sensation de jambes lourdes, qui s’accompagne souvent de douleurs dans les cuisses et dans les jambes, et d’autres symptômes handicapants comme des fourmillements ou des œdèmes.

Diagnostic d’une douleur à l’avant de la cuisse

Pour identifier l’origine de votre douleur, le médecin commencera d’abord par vous demander si vous avez mal dans une seule cuisse, ou dans les deux.

D’autres éléments sont nécessaires pour établir un diagnostic :

  • La localisation exacte de la douleur
  • Son intensité
  • Son ancienneté
  • Les facteurs déclenchants

Cette anamnèse et l’examen clinique de la zone douloureuse sont généralement complétés par d’autres examens : analyses de sang et d’urine, échographie, scanner, radiographie, artériographie…Ces analyses permettent de confirmer le diagnostic d’insuffisance veineuse, mais aussi de détecter une éventuelle phlébite, qui nécessite un traitement en urgence. Si une cruralgie est en cause, les examens pratiqués porteront sur la colonne vertébrale, pour observer une éventuelle hernie discale.

Traitement d’une douleur antérieure de la cuisse

En fonction de l’origine de vos symptômes (musculaire, vasculaire ou névralgique) plusieurs options de traitement sont possibles.

En cas de cruralgie

Le premier objectif du traitement de la cruralgie est de réduire les douleurs. Pour ce faire, les médecins prescrivent généralement :

  • Du repos
  • Des antalgiques, anti-inflammatoires et/ou myorelaxants
  • Éventuellement des infiltrations de corticoïdes

Une fois que les symptômes ont diminué, la priorité est de vous remettre en mouvement, et d’améliorer votre condition physique pour prévenir les récidives. C’est pourquoi des séances de kinésithérapie sont souvent prescrites, avec pour objectif de muscler le dos et la sangle abdominale. La chirurgie peut aussi être indiquée pour soigner une cruralgie (libération du nerf), mais seulement dans des cas bien particuliers :

  • Les cas graves où les patients souffrent de troubles moteurs et de paralysie
  • Les douleurs qui résistent au traitement médical et à la kinésithérapie

En cas de lésion musculaire

Le traitement d’une douleur antérieure de la cuisse d’origine musculaire dépend de la gravité du problème.

Les crampes et les courbatures, qui sont bénignes, ne nécessitent pas de traitement médical :

  • Pour soulager une crampe, il convient de cesser l’activité en cours, de boire de l’eau (la crampe est souvent liée à une déshydratation) et de masser le muscle douloureux
  • Pour soulager des courbatures, la meilleure chose à faire est de masser votre quadriceps, et de continuer à bouger avec modération ; la chaleur est aussi d’une aide précieuse, que ce soit par l’application d’un gel chauffant, ou le fait de prendre un bain

Les massages réguliers, l’échauffement des muscles des cuisses et des jambes avant chaque séance de sport, et la progressivité des entraînements, permettent de prévenir efficacement ces douleurs.

En cas de blessure musculaire (élongation, claquage ou rupture), la prise en charge médicale est indispensable. Celle-ci débute généralement sur le terrain, le claquage étant un traumatisme brutal qui oblige à arrêter l’activité en cours, et empêche souvent de poser le pied par terre. La première chose à faire est d’appliquer de la glace sur le quadriceps, pour enrayer l’inflammation et la douleur ; on prend également soin de surélever la jambe blessée, pour éviter qu’un hématome se forme. Ensuite, une période de repos doit être observée : on estime entre 10 et 15 jours pour une élongation, et jusqu’à 30 jours pour une déchirure ; si le muscle est totalement rompu, cela peut aller jusqu’à plusieurs mois.

Quelle que soit l’importance de la lésion, la rééducation est indispensable ; elle débute généralement quelques jours après le traumatisme et comprend :

  • Des techniques de physiothérapie
  • Des étirements
  • Un travail de renforcement musculaire

La reprise sportive se fait très progressivement, seulement lorsque la lésion est effectivement guérie ; une reprise trop précoce ou brutale accroît les risques de récidive.

En cas d’insuffisance veineuse

Contre l’insuffisance veineuse et la sensation de jambes lourdes, plusieurs traitements sont possibles :

  • Le port de bas ou de chaussettes de contention
  • La prise de médicaments veinotoniques et vasculoprotecteurs
  • Le drainage lymphatique

Le drainage lymphatique est une technique de massage manuel bien spécifique, réalisée par un kinésithérapeute spécialisé. Il permet de stimuler la circulation, grâce à des pressions exercées dans le sens de celle-ci. Cette technique manuelle peut être complétée par ce que l’on appelle la pressothérapie, qui s’effectue grâce à un appareil relié à des bottes de compression.

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