Rééducation

Posté par Jérôme Auger

21 juin 2022

Douleur postérieure de la cuisse : causes, symptômes, diagnostic et traitement

Douleur postérieure de la cuisse : symptômes, diagnostic et traitement | Jérôme Auger | Paris

Les douleurs à l’arrière de la cuisse sont fréquentes, et peuvent avoir plusieurs origines, la plus courante étant la célèbre sciatique. Si vous êtes sportif, le plus probable est que vos douleurs viennent d’un surmenage ou d’une blessure des ischio-jambiers. Dans tous les cas, sachez que ces maux se soignent très bien ! Un diagnostic médical est indispensable pour en connaître la cause, et vous orienter vers le traitement adapté.

Les causes d’une douleur à l’arrière de la cuisse

Vous avez mal sur la partie arrière de la cuisse ? Les causes les plus probables sont :

  • La douleur sciatique, qui correspond à une compression du nerf sciatique au niveau de la colonne vertébrale
  • Une blessure musculaire au niveau des ischio-jambiers
  • Une tendinite des ischio-jambiers, aussi appelée tendinite du bassin

Cette dernière est surtout ressentie au niveau de la fesse, mais elle peut aussi descendre dans la cuisse. Une douleur postérieure de la cuisse peut aussi venir :

  • D’une lombalgie (douleur dans le bas du dos) irradiant dans le membre inférieur
  • D’un spondylolisthésis, un déplacement partiel d’une vertèbre généralement ressenti dans le dos, mais dont la douleur peut aussi se déplacer dans une jambe ou les deux
  • D’un syndrome du piriforme, une “sciatique tronquée” correspondant à la compression du nerf sciatique par le muscle piriforme

Reconnaître une douleur postérieure de la cuisse : les symptômes

Selon la pathologie en cause, votre douleur ne va pas se manifester de la même manière, ni s’accompagner des mêmes symptômes.

Sciatique

Les principaux symptômes de la sciatique sont :

  • Une douleur qui démarre dans le bas du dos, descend le long de la face postérieure de la cuisse, et continue ensuite jusqu’aux orteils (le trajet exact de la douleur varie selon la racine nerveuse atteinte)
  • Une douleur unilatérale (ressentie dans une seule jambe)
  • Une aggravation en position assise ou en cas de quinte de toux
  • Un engourdissement et des fourmillements au niveau de la jambe atteinte

En général, les patients ressentent un soulagement de leur sciatique en position allongée.

Blessure musculaire des ischio-jambiers

Les ischio-jambiers sont un groupe de 3 muscles situés dans la loge postérieure de la cuisse : le biceps fémoral, le semi-tendineux et le semi-membraneux. Ils sont notamment impliqués dans la flexion du genou et l’extension du fémur.

La pratique sportive peut entraîner un certain nombre de blessures musculaires ; les ischio-jambiers, en raison de leur forte sollicitation dans de nombreux sports, sont les plus exposés à ce type de lésion.

Il peut s’agir :

  • D’une contusion musculaire
  • D’une contracture
  • D’une élongation
  • D’une déchirure
  • Ou d’une rupture totale des ischio-jambiers.

La rupture musculaire est l’accident musculaire le plus grave ; heureusement, elle reste relativement rare.

L’élongation correspond au premier stade de lésion musculaire ; il s’agit d’un étirement anormal du muscle, dépassant ses capacités. Cet étirement excessif peut entraîner la déchirure d’un nombre réduit de fibres. Les principaux symptômes de l’élongation sont :

  • Une douleur vive lors de l’effort, ou immédiatement après celui-ci
  • Une raideur du muscle concerné
  • Une incapacité fonctionnelle

L’élongation n’entraîne pas forcément l’arrêt de l’activité, mais la rend plus gênante ; en effet, chaque étirement des ischio-jambiers est douloureux.

On parle de déchirure musculaire des ischio-jambiers lorsqu’un nombre important de fibres sont lésées. Cette blessure plus importante se manifeste par une douleur vive et soudaine sur la face postérieure de la cuisse, entraînant l’arrêt de l’activité. Contrairement à l’élongation, la déchirure se caractérise par l’apparition d’un œdème et d’un hématome.

Tendinopathie des ischio-jambiers

La tendinite ou tendinopathie des ischio-jambiers est une autre pathologie fréquente, qui peut expliquer vos douleurs à l’arrière de la cuisse. Ici, c’est l’insertion des muscles au niveau des ischions, les protubérances osseuses de la partie basse du bassin, qui est concernée.

On retrouve beaucoup cette pathologie chez les coureurs à pied, et chez les femmes ménopausées : en cause, le surmenage et/ou la fragilisation des tissus de la région du bassin.

La tendinopathie des ischio-jambiers, aussi appelée tendinite du bassin, se caractérise par une douleur généralement unilatérale, partant de la fesse et irradiant en haut de la cuisse. Cette douleur apparaît progressivement, et peut aussi se manifester au repos, particulièrement quand vous êtes assis.

Diagnostic d’une douleur postérieure de la cuisse

La première chose à faire lorsque vous avez mal derrière la cuisse, est de consulter votre médecin. En effet, un diagnostic précis est indispensable pour connaître l’origine de votre douleur, et la traiter.

Le diagnostic est d’abord orienté par un interrogatoire, qui permet au médecin de recueillir plusieurs éléments importants : la localisation exacte de la douleur, ses circonstances d’apparition, son caractère mécanique ou inflammatoire, son ancienneté, les symptômes qui l’accompagnent…L’activité sportive du patient, et les modifications récentes de l’entraînement, sont d’autres éléments importants pour le diagnostic.

Bien sûr, cette anamnèse ne peut se passer d’un examen clinique de la zone douloureuse. En général, cet examen ne se limite pas à l’arrière de la cuisse, mais recherche également des douleurs ou des anomalies au niveau des hanches et du bas du dos. Les ischio-jambiers sont systématiquement palpés ; enfin, plusieurs tests diagnostiques sont effectués pour reproduire la douleur et évaluer l’état des tendons et des muscles.

Dans certains cas, des examens complémentaires sont nécessaires pour préciser le diagnostic, et réorienter le traitement si besoin. Par exemple, en cas de sciatique particulièrement difficile à traiter, les examens porteront sur la colonne vertébrale : radiographie du rachis dorso-lombaire, scanner ou IRM du rachis.

Douleur à l’arrière de la cuisse : quel traitement ?

Quelle que soit leur origine, les douleurs postérieures de la cuisse se soignent très bien. En général, la prise en charge associe un traitement médical et des séances de kinésithérapie. Dans certains cas, un recours à la chirurgie peut être nécessaire.

Traitement médical et réduction des douleurs

Le traitement médical est toujours préféré en première intention, sauf en cas de blessure grave comme la rupture totale d’un muscle. Son objectif est de réduire la douleur et les autres symptômes s’il y en a (inflammation, gonflement…). Cela est obtenu par :

  • Des médicaments (antalgiques, anti-inflammatoires non stéroïdiens)
  • L’application de glace sur la zone douloureuse
  • Des massages et techniques de physiothérapie, pratiquées chez un kinésithérapeute

Le repos est un autre élément essentiel du traitement ; selon la gravité de l’atteinte, il sera plus ou moins important (immobilisation de la jambe lésée ou simple diminution de l’activité sportive).

Rééducation

La rééducation est indispensable dans la prise en charge des douleurs postérieures de la cuisse. En effet, elle permet d’identifier et corriger les causes profondes du problème, et de prévenir les récidives.

Si vous pratiquez un sport, le kinésithérapeute vous accompagne dans la reprise de votre activité, pour que celle-ci se fasse sans risque. La rééducation intervient donc sur plusieurs éléments :

  • Soulagement de la douleur (par des massages et de la physiothérapie)
    Musculation
  • Réathlétisation progressive
  • Correction du geste sportif et des erreurs lors de la pratique (échauffement, étirements, type d’entraînement)

La reprise sportive doit toujours se faire très progressivement. En effet, même si les douleurs ont disparu, une reprise trop brusque risque de réactiver la blessure.

Traitement chirurgical

Pour ce type de douleur, le traitement chirurgical reste rare. Voici quelques exemples de cas qui peuvent le justifier :

  • Ponction d’un hématome volumineux lié à une blessure musculaire
  • Réparation d’un tendon ou d’un muscle ayant subi une rupture totale
  • Sciatique paralysante, accompagnée de troubles sphinctériens ou de douleurs intenses

En dehors de ces situations urgentes, la chirurgie n’est employée qu’en dernier recours, lorsque le traitement médical et la kinésithérapie ne donnent pas d’amélioration ; ce qui heureusement reste rare.

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