Pathologie acromio-claviculaire

L’articulation acromio-claviculaire, qui fait partie de l’épaule, peut être le siège d’un certain nombre de traumatismes (fractures, luxation) mais aussi d’une pathologie d’usure liée au surmenage, appelée arthropathie.

Pathologie acromio-claviculaire | Cabinet Jérôme Auger | Paris

Généralités

Au niveau de l’épaule, l’articulation acromio-claviculaire fait le lien entre le bord externe de la clavicule et l’acromion (excroissance osseuse située en haut de l’omoplate). Cette articulation permet notamment à la clavicule d’effectuer des mouvements de rotation d’avant en arrière.


Quelques chiffres et faits sur la pathologie de l’articulation acromio-claviculaire :

  • La luxation acromio-claviculaire concerne surtout des sujets jeunes et sportifs, et représente 10% des luxations au niveau de la ceinture scapulaire
  • L’arthropathie acromio-claviculaire concerne surtout des sportifs et des travailleurs manuels
  • Lorsque le traitement médical ne suffit pas à corriger l’arthropathie, celle-ci est traitée par une chirurgie qui donne d’excellents résultats dans 95% des cas 

Pourquoi ai-je une pathologie de l’articulation acromio-claviculaire ?

A chaque pathologie correspondent des causes différentes.

La luxation acromio-claviculaire est généralement causée par un traumatisme, et plus précisément une chute sur l’épaule. Les sports les plus pourvoyeurs de ce type de blessure sont le rugby et le ski.

La fracture de l’extrémité inférieure de la clavicule est peu fréquente ; elle peut également survenir après une chute sur l’épaule ou sur le bras, ou suite à un coup direct.

Enfin, l’arthropathie acromio-claviculaire est une pathologie par sur-utilisation de l’épaule. On la retrouve chez les travailleurs manuels, qui effectuent des mouvements répétitifs de l’épaule ; mais aussi chez les sportifs qui pratiquent la musculation intensive.

Quels sont les symptômes de la pathologie de l’articulation acromio-claviculaire ?

La luxation acromio-claviculaire peut être classée selon plusieurs stades de gravité :

  • Le stade I, aussi appelé entorse acromio-claviculaire simple : les ligaments sont partiellement lésés, mais la clavicule reste stable
  • Le stade II, ou subluxation acromio-claviculaire : ici, les ligaments de l’articulation sont rompus, et la clavicule montre une mobilité anormale
  • Le stade III, ou luxation acromio-claviculaire complète : en plus des ligaments acromio-claviculaires, les ligaments coraco-claviculaires sont également rompus, ce qui entraîne une perte de contact totale des surfaces articulaires
  • Enfin, au stade IV, la chape musculaire delto-trapézienne est aussi rompue

Cela se traduit par une importante douleur immédiatement après le traumatisme, une impotence fonctionnelle, un oedème (gonflement), ainsi qu’une saillie de la clavicule sous la peau. Cette saillie est plus ou moins importante en fonction du stade de gravité.

Les symptômes en cas de fracture sont assez proches : la personne se retrouve dans l’incapacité de bouger et de lever son bras ; la zone blessée est gonflée, des hématomes apparaissent, et la douleur est particulièrement intense.

Quant à l’arthropathie acromio-claviculaire, elle se manifeste surtout par des douleurs mal localisées de l’épaule, qui rendent difficile la mobilité de l’articulation mais ne l’empêchent pas. Ces symptômes sont vagues et non spécifiques, d’où les difficultés diagnostiques ; c’est pourquoi l’arthropathie est parfois appelée “douleur oubliée de l’épaule”.

Comment se déroulent les séances de kinésithérapie ?

La rééducation est indispensable après un traumatisme de l’articulation acromio-claviculaire, pour restaurer sa mobilité normale. Elle permet aussi de compenser la fonte musculaire liée à l’immobilisation de l’épaule et du bras.

Pour récupérer les amplitudes de l’épaule ainsi qu’une bonne fonction musculaire, plusieurs techniques sont employées :

  • Des massages décontracturants
  • Des mobilisation passives, actives aidées et actives de l’épaule et du bras
  • Des exercices de renforcement musculaire
  • Un travail de proprioception de l’épaule

La kinésithérapie fait également partie du traitement de l’arthropathie acromio-claviculaire. Cette prise en charge comprend des techniques de physiothérapie antalgique, pour diminuer les douleurs, ainsi que des exercices de renforcement musculaire de l’épaule. En complément du traitement médical, cette approche donne généralement de bons résultats.

Diminuez vos douleurs

Pour aller plus loin…

Quels sont les traitements médicaux et chirurgicaux des pathologies de l’articulation acromio-claviculaire ?

En cas d’arthropathie, on privilégie généralement un traitement médical, qui comprend :

  • Un repos sportif de 2 semaines au minimum, avec arrêt total des gestes responsables de la douleur
  • L’application de glace pour lutter contre la douleur
  • De la mésothérapie, un traitement local par anti-inflammatoires, et/ou des techniques de physiothérapie

Dans certains cas, des infiltrations de corticoïdes sont nécessaires pour obtenir un soulagement.

Lorsque toutes ces mesures n’entraînent pas d’amélioration, une chirurgie peut être indiquée ; il s’agit d’une opération appelée résection acromio-claviculaire, effectuée sous arthroscopie.

En cas de luxation, le traitement dépend de la gravité de la lésion. Pour des luxations de stade I et II, la chirurgie n’est pas indiquée ; l’épaule est relevée, et le bras est placé dans une écharpe d’immobilisation. Si besoin, des antalgiques sont prescrits pour soulager la douleur. 

Lorsque la luxation est de stade III ou IV, la guérison ne peut se faire spontanément ; une opération chirurgicale est nécessaire pour descendre la clavicule à son emplacement normal, et permettre aux ligaments de cicatriser en bonne position.

Enfin, après une fracture de la clavicule, il est relativement rare de devoir recourir à la chirurgie. En général, cette lésion se traite par immobilisation du bras et de l’épaule, grâce à des anneaux claviculaires ou à une écharpe. La chirurgie n’est indiquée qu’en cas de fracture très déplacée, ou avec plusieurs fragments. Pour éviter les complications, et notamment l’algodystrophie, la rééducation post-opératoire a toute sa place.

Diagnostic et examens complémentaires

Lorsqu’on soupçonne une pathologie acromio-claviculaire, l’examen clinique est généralement réalisé debout ou assis, pour mettre en évidence l’impact du poids du bras sur l’articulation. L’examen permet d’identifier une douleur à la palpation, ou lors de la réalisation de certains mouvements de l’épaule et du bras ; mais il suffit rarement à lui seul pour poser le diagnostic.

En effet, des examens d’imagerie sont nécessaires pour le préciser et le confirmer : radiographies, mais aussi scanner ou IRM.

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