Massages et exercices

Posté par Jérôme Auger

04 août 2022

Douleur de la fesse : symptômes, diagnostic et traitement

Douleurs de la fesse : que faire ? | Jérôme Auger | Paris

Les douleurs au niveau de la fesse, aussi appelées fessalgies, sont fréquentes et peuvent avoir plusieurs causes. En général, c’est un problème d’ordre tendineux, musculaire, ou lié à votre nerf sciatique. Quels sont les symptômes des différentes douleurs à la fesse ? Comment sont-elles diagnostiquées et traitées ?

Symptômes d’une douleur à la fesse

Les douleurs à la fesse peuvent venir d’un nombre important de pathologies. Il peut s’agir :

  • D’un mal de dos (lombalgie) irradiant jusque dans la fesse
  • D’une douleur sciatique
  • D’une fracture au niveau du bassin ou du coccyx
  • D’une lésion musculaire
  • D’une tendinite du moyen fessier
  • D’un syndrome du piriforme
  • D’une pathologie rectale (kyste, abcès, hémorroïdes…)

Selon la pathologie en cause, votre douleur va se manifester de différentes manières, avec des symptômes associés plus ou moins nombreux et handicapants. Voici une brève description des principaux symptômes, par pathologie.

Fractures

En cas de fracture d’un ou plusieurs os du bassin, la douleur ressentie est vive, et s’accompagne d’une impotence fonctionnelle plus ou moins importante selon la gravité de la lésion : impossibilité de marcher, ou même simplement de se tenir debout. Les troubles urinaires sont fréquents. Les fractures du coccyx sont connues pour rendre la position assise particulièrement douloureuse.

Sciatique

La douleur sciatique, qui correspond à une irritation ou une compression du nerf sciatique, est la cause la plus fréquente de douleur à la fesse. Ici, la douleur est ressentie sur la face arrière de la fesse, mais aussi de la cuisse, pouvant parfois descendre jusqu’au pied. Selon la racine nerveuse atteinte, le trajet exact de la douleur peut varier d’une personne à l’autre. Le symptôme est majoré par certaines positions et l’effort physique, et soulagé par le repos. Souvent, la sciatique s’accompagne d’un engourdissement et d’une faiblesse musculaire de la jambe concernée.

Tendinite du moyen fessier

La tendinite du moyen fessier, qui correspond à l’inflammation d’un tendon, se manifeste par des douleurs au niveau de la hanche et de la fesse, qui se prolongent vers l’extérieur de la cuisse. Ces douleurs gênent la marche, les montées d’escalier, et tout effort qui implique une mise en tension du tendon. La position debout peut aussi être douloureuse au bout d’un certain temps.

Dans le langage courant, cette pathologie est aussi appelée tendinite de la hanche. Elle touche principalement des femmes à l’approche de la ménopause.

Syndrome du piriforme

Le muscle piriforme, anciennement appelé muscle pyramidal du bassin, s’étend du sacrum jusqu’en haut du fémur. Il se situe sur le trajet du nerf sciatique ; lorsqu’il est excessivement comprimé, il peut donc être responsable d’une douleur sciatique. Les symptômes sont semblables à ceux d’une sciatique : douleur à la fesse, qui s’étend vers l’arrière de la cuisse, sensation de brûlure et de fourmillements, accentuation de la douleur en cas de position assise prolongée…à la différence de la sciatique, la douleur ne peut s’étendre au-delà du genou.

Diagnostic d’une douleur de la fesse

Les douleurs au niveau de la fesse ont des origines potentiellement variées ; si vous avez mal et que la douleur ne disparaît pas spontanément en quelques jours, une consultation médicale s’impose. En effet, seul un diagnostic précis va permettre d’identifier la cause de votre mal, et de vous soigner.

Pour poser le diagnostic, le médecin va s’intéresser :

  • Aux circonstances d’apparition de la douleur
  • Aux gestes et activités qui la déclenchent
  • A la localisation exacte de vos douleurs
  • A vos antécédents médicaux
  • Aux activités pratiquées, notamment sportives

C’est par l’interrogatoire que ces éléments seront recueillis. Pour le compléter, un examen physique de la hanche et de la fesse est nécessaire, pour identifier le type de palpation et de mouvement qui provoque des douleurs au niveau des muscles et des tendons

Dans certains cas, des examens complémentaires sont requis pour confirmer et préciser le diagnostic. Le plus souvent, il s’agit d’une radiographie, d’une échographie et/ou d’une IRM, et éventuellement d’un bilan sanguin. Cela dépend de la pathologie suspectée.

Traitement d’une douleur à la fesse

Le traitement d’une fessalgie dépend bien évidemment de sa cause.

Douleur sciatique et syndrome du piriforme

Pour soulager une sciatique, qui est la pathologie la plus fréquente, le traitement repose sur :

  • Un traitement médicamenteux contre la douleur (antalgiques, anti-inflammatoires non stéroïdiens)
  • Éventuellement, un traitement adressant spécifiquement les douleurs neuropathiques, lorsque celles-ci sont chroniques
  • Dans certains cas, des infiltrations afin de réduire l’inflammation
  • Enfin, des séances de kinésithérapie

La kinésithérapie a généralement lieu après l’épisode douloureux, pour prévenir les récidives de votre sciatique. Les séances comprennent des étirements ainsi que des exercices musculaires, pour renforcer le dos et les abdominaux et ainsi réduire les pressions reçues par le nerf.

Le traitement du syndrome du piriforme est proche. Ici, les infiltrations de corticoïdes sont souvent utilisées, près de la zone où le nerf rencontre le muscle.

Dans les deux cas, la chirurgie reste rare. Elle n’est envisagée que lorsque les douleurs persistent malgré le traitement médical et la kinésithérapie.

Tendinopathie du moyen fessier

Si le médecin vous a diagnostiqué une tendinite ou tendinopathie du moyen fessier, la première chose à faire est de mettre le muscle et le tendon au repos, en stoppant les mouvements qui déclenchent la douleur. Des anti-inflammatoires sont ensuite prescrits pour la soulager ; enfin, le médecin vous recommandera aussi d’appliquer de la glace plusieurs fois par jour sur la zone lésée.

Lorsque ces premières mesures ne suffisent pas, les médecins ont parfois recours aux infiltrations de corticoïdes. Enfin, la kinésithérapie est une indication fréquente pour ce type de pathologie, car elle donne d’excellents résultats. Les séances comprennent notamment :

  • Des massages des muscles fessiers et de la cuisse
  • Des techniques de physiothérapie contre la douleur (laser, cryothérapie, ondes de choc)
  • Des exercices de renforcement musculaire
  • Une réadaptation sportive

La rééducation doit aussi identifier et corriger les facteurs de risque : troubles de la statique, chaussage, façon de marcher…

Traumatismes (fractures)

Lorsque c’est une fracture qui provoque les douleurs, le choix du traitement dépend de la gravité de la lésion, mais aussi d’autres paramètres comme l’âge du patient. En général, on distingue deux types de traumatisme :

  • Les accidents violents, qui concernent en majorité des sujets jeunes ou d’âge moyen, et s’accompagnent de lésions graves (atteinte des organes internes, des nerfs ou de la moelle épinière)
  • Les fractures des personnes âgées, généralement causées par un accident banal comme une chute de leur propre hauteur (en cas d’ostéoporose, cela suffit pour entraîner une fracture)

Dans le premier cas, les patients sont pris en charge en urgence, avec un traitement chirurgical qui consiste à fixer le bassin soit au niveau interne, soit par un fixateur externe. Dans le deuxième cas, on privilégie généralement un traitement orthopédique, complété par une rééducation ; si le bassin est instable, la chirurgie peut être indiquée.

Autres causes de fessalgie

Si les douleurs sont d’origine viscérale (dysfonctionnement ou tension des organes du bassin comme la vessie ou le rectum), le diagnostic devra établir précisément la cause du problème. Cela peut être une maladie grave comme un cancer, mais les problèmes les plus fréquents sont des troubles fonctionnels digestifs. C’est par la prise en charge de ce problème de fond que les symptômes seront atténués.

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