Syndrome de Morton

Le syndrome de Morton, parfois appelé névrome de Morton, est une pathologie douloureuse du pied, qui correspond à l’irritation d’un nerf. Le traitement de première intention est généralement médical, mais le recours à la chirurgie reste fréquent.

Généralités

Le névrome ou syndrome de Morton est une pathologie dite canalaire. Elle se développe lorsque le nerf plantaire médial, qui assure la sensibilité des orteils, se retrouve compressé ou irrité. En découle une douleur importante, qui irradie sur tout l’avant-pied, entraînant une gêne considérable pour les patients.


Quelques chiffres et faits sur le syndrome de Morton :

  • Le névrome de Morton est une pathologie courante, surtout chez les femmes, qui représentent 80% des cas
  • L’incidence exacte de ce problème est inconnue
  • Dans la majorité des cas, un seul pied est touché
  • Le traitement conservateur (médical, kinésithérapique et orthopédique) est efficace dans 50% des cas seulement

Pourquoi ai-je un syndrome de Morton ?

L’irritation nerveuse est généralement causée par une succession de microtraumatismes au niveau du pied. Cela peut être causé par :

  • La marche 
  • La course à pied
  • Une déformation de l’avant-pied (notamment l’hallux valgus)
  • Une anomalie architecturale du pied (comme le pied creux)

Le port de chaussures étroites est un autre facteur de risque ; en effet, ces chaussures plus esthétiques que confortables favorisent la compression nerveuse et les douleurs qui en découlent.

Quels sont les symptômes du syndrome de Morton ?

La douleur de l’avant-pied est le principal symptôme du syndrome de Morton. Les patientes décrivent souvent une sensation de chaleur ou de brûlure, sous la plante du pied et au niveau des orteils.

Les symptômes sont accentués par les activités qui sollicitent le pied, comme la marche prolongée, la course à pied, sans oublier la conduite. De manière assez évidente, le port de chaussures serrées ou pointues est également douloureux.

Comment se déroulent les séances de kinésithérapie ?

La rééducation, effectuée chez un kinésithérapeute, fait partie des traitements de première intention indiqués pour le névrome de Morton. L’objectif de cette rééducation est double :

  • Libérer l’avant-pied par rapport à l’arrière-pied
  • Soulager les tensions musculaires, qui contribuent à la compression du nerf 

En pratique, cela en passe par des massages et des étirement de l’avant-pied, sans oublier quelques exercices de renforcement musculaire. Le rôle du kinésithérapeute est aussi de vous conseiller sur les bonnes habitudes à prendre au quotidien pour prévenir l’accentuation des symptômes.

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Pour aller plus loin…

Quels sont les traitements médicaux et chirurgicaux ?

En général, les patientes ne tardent pas à consulter, étant donné la gêne quotidienne engendrée par les symptômes. 

Le traitement de première intention est conservateur, c’est-à-dire non chirurgical. Il associe :

  • Des conseils en termes de chaussage : les chaussures serrées et pointues sont proscrites ; on leur préfère des chaussures larges, et si possible ouvertes à l’avant du pied pour libérer les orteils. Un petit talon permet aussi d’éviter l’appui sur le névrome
  • Le port d’orthèses plantaires, prescrites par un podologue
  • Des séances de kinésithérapie
  • Et enfin, dans certains cas, des infiltrations de corticoïdes dans l’espace entre les orteils 

Les infiltrations sont réservées aux cas de névrome particulièrement rebelles, après un diagnostic par échographie. Cette solution apporte un soulagement limité dans le temps.

Dans 50% des cas, le traitement conservateur ne suffit pas, et le névrome doit être traité chirurgicalement. L’opération pratiquée dépend de plusieurs paramètres, notamment le degré d’atteinte du nerf et son épaississement.

Lorsque l’épaississement est modéré, une technique percutanée sous anesthésie locale est suffisante pour libérer le nerf sans le couper.

En revanche, en cas d’épaississement important du nerf interdigital, celui-ci doit être excisé à ciel ouvert.

Diagnostic et examens complémentaires

La démarche diagnostique commence par un examen clinique du pied, qui permet de rechercher les facteurs favorisants, et d’éliminer les autres causes de douleurs de l’avant-pied.

Cet examen comprend aussi des tests et manoeuvres permettant de reproduire les symptômes, notamment :

  • Une palpation de l’avant pied, et plus précisément de l’espace intermétatarsien, qui déclenche une douleur aiguë
  • Une compression transversale de l’arche métatarsienne (manoeuvre de Mudle) 

Enfin, des troubles de la sensibilité des orteils (hypoesthésie) sont également recherchés.

Pour confirmer et préciser le diagnostic, des examens complémentaires sont demandés :

  • Une radiographie du pied, qui permet d’identifier des facteurs prédisposants (hallux valgus, pied creux)
  • Une échographie, pour visualiser l’épaississement du nerf interdigital
  • Dans certains cas, une IRM pour observer plus précisément les lésions

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