Sport et kinésithérapie

Posté par Jérôme Auger

Publié le 02/01/2024

Modifié le 02/01/2024

Comment reconnaître une tendinite ?

Comment reconnaître une tendinite ? | Jerôme Auger | Paris 16

Les tendinites sont des pathologies courantes, qui se caractérisent par des douleurs parfois intenses pouvant gêner la réalisation des mouvements au quotidien. Comment déceler une tendinite lorsqu’on en souffre ?

Que sont les tendinites ?

On parle de tendinites pour désigner les lésions inflammatoires des tendons, ces structures fibreuses qui assurent la jonction entre les muscles et les os.

De plus en plus, le terme de tendinopathie est préféré à celui de tendinite. En effet, le tendon atteint subit tout un ensemble de modifications, dont l’inflammation n’est qu’une conséquence. L’observation anatomique des lésions montre notamment un appauvrissement des fibres de collagène, un amincissement des fibres tendineuses, ainsi qu’une dégénérescence mucoïde.

Ces altérations et l’inflammation qui en résulte sont typiques des lésions dites microtraumatiques, qui apparaissent progressivement par l’application répétée de la même contrainte sur les tissus. Ainsi, la tendinite doit être distinguée des blessures d’origine traumatique, comme les entorses ou les blessures musculaires, qui surviennent suite à un traumatisme clairement identifié (coup, chute, torsion…).

Les lésions à l’origine de la tendinite sont microscopiques, invisibles à l’œil nu. Elles sont causées par l’exposition répétée de l’appareil musculosquelettique à des forces mécaniques excessives ou mal réparties.

Au bout d’un certain temps, ces lésions entraînent une réaction inflammatoire ainsi que des douleurs, qui poussent le patient à consulter un professionnel de santé. Dans certains cas, les patients peinent à identifier le geste ou l’activité à l’origine des douleurs, qui semblent “sans cause”.

La notion d’excès des contraintes mécaniques doit être relativisée. En effet, pour un tendon peu entraîné, toute contrainte est potentiellement reçue comme excessive, le tendon étant fragilisé par sa non-utilisation prolongée. Cela explique pourquoi un certain nombre de sportifs souffrent de tendinites après une reprise trop rapide des entraînements.

Quelles sont les zones du corps touchées par des tendinites ?

Toutes les articulations du corps peuvent être concernées par une surutilisation, aboutissant à une lésion du tendon ainsi qu’à son inflammation . Cela dit, certaines zones du corps y sont plus exposées que d’autres, en raison de leur plus grande sollicitation.

Les tendinites les plus fréquemment rencontrées en consultation sont celles :

  • Du genou (tendinite de la patte d’oie, du tendon rotulien, du quadriceps)
  • De l’épaule (tendinite de la coiffe des rotateurs ou du long biceps)
  • Du coude (épicondylite, épitrochléite)
  • Du pied et de la cheville (tendinite du jambier postérieur, des péroniers latéraux, du tendon d’Achille)
  • De la hanche
  • Des adducteurs (pubalgie)
  • Du poignet et de la main (tendinite de De Quervain, des extenseurs des doigts)

Bien évidemment, la probabilité pour un individu de développer telle ou telle forme de tendinite dépend de ses activités sportives et professionnelles. Ainsi, les tendinites du coude et de l’épaule sont fréquentes chez les tennismen, les caissiers et certains ouvriers. Quant aux tendinites du genou, on les rencontre fréquemment chez les coureurs à pied.

Quels sont les symptômes des tendinites ?

La douleur est le principal symptôme de la tendinite. Cliniquement, les professionnels de santé caractérisent une tendinite à partir d’une triade de symptômes :

  • Douleurs lors de l’étirement
  • Douleurs lors d’une contraction isométrique
  • Douleurs à la palpation locale

Le diagnostic de la tendinite est donc essentiellement clinique, et repose sur l’évaluation de ces trois symptômes. L’examen physique est complété par un interrogatoire, qui doit être aussi minutieux que possible. En effet, il doit permettre de caractériser la douleur, tout en évaluant le retentissement fonctionnel de la pathologie sur les activités quotidiennes.

Les patients atteints d’une tendinite se plaignent d’une douleur qui se manifeste à l’effort, lors de la contraction ou de l’étirement du muscle, et dans certains cas au repos. La réaction inflammatoire peut faire apparaître une coloration rouge au niveau du tendon atteint, ainsi qu’un léger oedème. En parallèle, la mobilité du membre atteint diminue progressivement, ce qui finit par impacter les activités sportives, le métier et les tâches quotidiennes du patient.

Lors de l’examen physique, le médecin identifie la douleur grâce aux manoeuvres suivantes :

  • Contraction du muscle contre résistance (manuelle ou instrumentale)
  • Mise en tension passive du tendon atteint
  • Palpation de toutes les parties du tendon (corps, jonction ténomusculaire et enthèse)

Quant à l’interrogatoire, il permet de préciser le diagnostic en mettant en évidence certaines caractéristiques de la douleur, typiques des pathologies d’hyper-utilisation des tendons :

  • Une douleur d’apparition progressive, pour la plupart des localisations de la tendinite. La douleur peut apparaître brutalement dans certains cas d’épicondylite (tendinite du coude), de tendinite d’Achille ou du tendon rotulien.
  • Un lien entre l’apparition des douleurs et les conditions de l’entraînement ou de l’activité professionnelle : modification de l’équipement, augmentation brutale de l’entraînement ou des heures travaillées, modification de la technique
  • L’horaire, l’intensité, le rythme et l’ancienneté des douleurs, qui permettent d’identifier le stade de gravité des lésions, afin de proposer un traitement adapté.

D’après la classification de Leadbetter, les tendinites évoluent selon 4 stades de gravité, marqués par une évolution des caractéristiques de la douleur :

  • Au stade 1 de la tendinite, la douleur apparaît rapidement après l’effort et diminue spontanément. Les capacités fonctionnelles sont préservées
  • Au stade 2, la douleur commence à se manifester pendant l’activité, mais n’entraîne pas de gêne importante. La douleur est localisée, et les signes inflammatoires pas ou très peu présents
  • Au stade 3, qui correspond à une évolution de 6 semaines ou plus, les signes inflammatoires sont nettement présents, et la douleur persiste en dehors de l’activité en cause. Le patient constate une diminution de ses capacités fonctionnelles
  • Enfin, au stade 4 de la tendinite, la douleur est permanente, empêchant toute activité sportive ou professionnelle sollicitant le tendon atteint. Les gestes du quotidien sont nettement impactés

Seul un professionnel de santé peut diagnostiquer une tendinite. Celle-ci se caractérise par une douleur d’apparition progressive, qui survient d’abord après l’effort puis pendant, avant de gêner le patient en permanence dans ses activités quotidiennes.

Sources :

Article rédigé par Jérôme Auger

Jérôme Auger est masseur-kinésithérapeute et ostéopathe, spécialisé dans les pathologies liées au sport. Il vous apporte tous ses conseils liés à la kinésithérapie dans ce blog.

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