Lutter contre un mal de dos
Une douleur dans le bas du dos, ou lombalgie, touche presque tout le monde au moins une fois. Qu’il s’agisse d’un lumbago après un faux mouvement ou d’un mal de bas du dos qui s’installe, ces douleurs sont le plus souvent bénignes. La clé : bouger plutôt que rester au repos, et savoir quand consulter.
Voici que faire face à une douleur lombaire.
En résumé
Une douleur du bas du dos (lombalgie), lumbago compris, est le plus souvent bénigne et d’origine mécanique, et disparaît en quelques jours à quelques semaines.
L’essentiel est de rester actif plutôt que de s’aliter : la marche et l’activité physique adaptée sont le traitement principal.
Certains signes (fièvre, perte de force, troubles urinaires, douleur après un traumatisme) imposent toutefois de consulter sans attendre. Si la douleur persiste ou récidive, la kinésithérapie aide à retrouver la mobilité et à prévenir les récidives.
Accès direct
Face à une douleur du bas du dos qui vient d’apparaître, le premier réflexe est souvent de s’immobiliser. C’est pourtant l’inverse qu’il faut faire. Voici les bons gestes à adopter dès les premières heures :
Un antalgique simple peut aider à passer le cap douloureux, à condition d’être pris sur une courte durée et sur conseil de votre médecin ou de votre pharmacien.
Si la douleur persiste, revient régulièrement ou vous inquiète, Jérôme Auger, masseur-kinésithérapeute et ostéopathe à Paris 16, peut évaluer votre situation et vous proposer une prise en charge adaptée.
On distingue en général deux grands types de douleurs du bas du dos.
Les douleurs mécaniques sont les plus fréquentes : elles apparaissent ou s’aggravent avec le mouvement et la sollicitation du dos, et sont souvent plus fortes en fin de journée.
Les douleurs inflammatoires, plus rares, surviennent spontanément, y compris au repos, et peuvent réveiller la nuit.
Cette distinction oriente la prise en charge et mérite d’être précisée avec un professionnel de santé.
Ces trois termes désignent la même région et prêtent souvent à confusion. On parle de douleurs lombaires ou de lombalgie pour toute douleur localisée dans la partie basse du dos, celle des cinq vertèbres lombaires.
Lorsque cette douleur est brutale et passagère, on parle de lombalgie aiguë, plus connue sous le nom de lumbago.
Enfin, lorsque la douleur persiste au-delà de trois mois, on parle de lombalgie chronique, dont la prise en charge est plus globale.
La plupart des douleurs du bas du dos sont d’origine mécanique et n’ont pas de cause grave. Elles font souvent suite à un faux mouvement, au port d’une charge lourde, à un effort inhabituel ou, à l’inverse, à une posture prolongée, notamment en position assise devant un écran.
La sédentarité et un manque de renforcement des muscles du dos favorisent également leur apparition. Le lumbago, qui survient brutalement après un effort ou un mouvement mal contrôlé, appartient à cette catégorie.
Lorsque la douleur ne reste pas cantonnée au bas du dos mais descend dans une fesse, une cuisse ou une jambe, elle peut traduire l’irritation d’un nerf, comme dans la sciatique ou la cruralgie.
Ce type de douleur est parfois lié à une hernie discale. Dans la plupart des cas, l’évolution reste favorable, mais une douleur qui descend fortement dans la jambe, s’accompagne d’une perte de force ou de sensibilité doit amener à consulter rapidement.
Dans la grande majorité des cas, une douleur du bas du dos disparaît d’elle-même en quelques jours à quelques semaines, sans examen particulier.
En l’absence de signe d’alerte, aucune imagerie (radio, scanner, IRM) n’est nécessaire dans un premier temps.
Certains signes, appelés « drapeaux rouges », doivent en revanche conduire à consulter sans attendre :
En dehors de ces situations, il est recommandé de consulter si la douleur vous handicape au quotidien ou si vous n’observez pas d’amélioration.
Votre médecin ou votre kinésithérapeute pourront alors préciser l’origine de la douleur et adapter la prise en charge.
Le traitement d’une douleur du bas du dos repose avant tout sur le mouvement . Contrairement à une idée reçue tenace, ce n’est pas le repos mais l’activité physique adaptée qui constitue le traitement principal : elle entretient la souplesse et la musculature du dos, favorise une évolution favorable de la douleur et limite les récidives.
Concrètement, pour soulager une douleur lombaire :
Côté médicaments, les antalgiques de palier 1 (paracétamol) et les anti-inflammatoires non stéroïdiens peuvent être utilisés ponctuellement, sur une courte durée, pour passer le cap douloureux.
Ils soulagent la douleur mais n’accélèrent pas la guérison : ils viennent en complément du mouvement, jamais à sa place. Leur usage doit se faire sur avis médical.
Lorsque la douleur persiste, récidive ou devient chronique, la kinésithérapie occupe une place centrale dans la prise en charge.
Elle repose sur la participation active du patient et poursuit plusieurs objectifs.
Tout commence par un bilan qui permet d’identifier les facteurs favorisant la douleur et d’orienter la rééducation. Celle-ci associe ensuite, selon les besoins :
La kinésithérapie joue aussi un rôle clé dans la prévention des récidives. Elle s’accompagne de conseils simples à appliquer au quotidien : lutter contre la sédentarité par une activité physique régulière, surveiller sa posture au travail, faire des pauses en cas de station assise prolongée et adopter les bons gestes lors du port de charges. Les séances de kinésithérapie sont remboursées par l’Assurance Maladie sur prescription médicale.
En conclusion
Une douleur dans le bas du dos est rarement grave : dans la grande majorité des cas, elle s’atténue d’elle-même en quelques jours à quelques semaines.
La meilleure attitude reste de continuer à bouger, d’adapter ses gestes sans s’immobiliser et de rester attentif aux signes qui justifient une consultation.
Lorsque la douleur s’installe ou revient régulièrement, une prise en charge en kinésithérapie aide à retrouver la mobilité, à renforcer le dos et à limiter les récidives. En cas de doute, n’hésitez pas à demander conseil à un professionnel de santé, qui saura vous orienter vers la solution la plus adaptée à votre situation.
Dans environ 9 cas sur 10, une lombalgie aiguë guérit spontanément en moins de 4 à 6 semaines, souvent en quelques jours si l’on reste actif. Au-delà de 3 mois, elle est dite chronique et justifie une nouvelle consultation.
La lombalgie désigne toute douleur du bas du dos. Le lumbago en est une forme aiguë, survenue brutalement après un effort ou un faux mouvement. Autrement dit, tout lumbago est une lombalgie, mais l’inverse n’est pas vrai.
Oui. La marche est recommandée : le mouvement favorise la récupération, alors que le repos au lit tend à prolonger la douleur. Commencez par des trajets courts, puis augmentez progressivement selon votre tolérance.
La chaleur est généralement la plus efficace : elle détend les muscles et apaise les douleurs mécaniques. Le froid convient plutôt à une douleur très récente. Utilisez ce qui vous soulage le mieux, par applications de 15 à 20 minutes.
Privilégiez le côté, jambes légèrement fléchies avec un coussin entre les genoux, ou le dos avec un coussin sous les genoux. Évitez la position à plat ventre, qui accentue la cambrure.
Sources
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