Torticolis

Le torticolis ou syndrome cervical aigu est secondaire à une contracture musculaire du cou. Cette affection se manifeste par des douleurs et une raideur cervicale et retentit sur les mouvements de rotation de la tête. Le torticolis passe généralement en quelques jours et sa persistance indique la nécessité d’une consultation médicale.

Torticolis (cou) : causes, actes et traitements kinésithérapiques | Jérôme Auger | Paris

Généralités

Le torticolis, un motif fréquent de consultation
Le torticolis est un problème connu ; ce blocage du cou, qui empêche les mouvements de la tête, s’accompagne de douleurs plus ou moins fortes. Dans sa forme la plus répandue, le torticolis est sans gravité, malgré des symptômes embêtants. En général, il guérit spontanément au bout de quelques jours. Au contraire, les douleurs de la cervicalgie chronique sont plus longues et difficiles à traiter. Attention également à ne pas confondre le torticolis commun avec le torticolis spasmodique, qui est une maladie rare d’origine neurologique.


Quelques remarques sur le torticolis

  • Le torticolis bénin est une pathologie fréquente, qui concerne environ deux tiers des Français au cours de leur vie
  • Le torticolis concerne aussi bien les hommes que les femmes ; en revanche, les femmes sont plus fréquemment atteintes de cervicalgie chronique
  • Les personnes qui passent beaucoup de temps devant leur écran sont particulièrement à risque, en raison de leur posture

Quelles sont les causes du torticolis ?

Dans la vie courante, un certain nombre de situations peuvent causer un torticolis. Le plus souvent, cette pathologie n’est pas due à un traumatisme, mais plutôt à une mauvaise posture prolongée, ou à un faux mouvement. Par exemple, de nombreuses personnes développent un torticolis à force de mal se tenir devant leur écran d’ordinateur, ou de dormir dans une position inadaptée. Techniquement, un faux mouvement se définit comme un mouvement du corps mal effectué, pouvant provoquer des blessures ou douleur. Pour le torticolis, le geste le plus souvent responsable est une rotation de la nuque, effectuée de manière brusque ou rapide.

Pour ce qui est des activités à risque, certains sports sont plus dangereux que d’autres, car ils sollicitent violemment le cou et peuvent causer des traumatismes. C’est par exemple le cas de la gymnastique rythmique, des sports de combat, ou même de certaines danses. Si vous pratiquez une de ces activités, il convient de rester vigilant !

Dans un contexte différent, le torticolis peut aussi être secondaire à une infection de la sphère ORL. En effet, une inflammation des oreilles, de la mâchoire ou de la gorge peut provoquer des spasmes musculaires au niveau du cou.

Quels sont les symptômes du torticolis ?

Le torticolis se manifeste par :

  • Une douleur du cou, qui s’explique par la contracture musculaire
  • Une difficulté à effectuer des mouvements du cou et de la tête, surtout les rotations
  • Un blocage du cou : les personnes ont l’impression d’avoir la tête bloquée dans une direction donnée, avec le cou tordu
  • Une raideur musculaire

D’autres symptômes, comme des douleurs au niveau des épaules et des céphalées, peuvent aussi être présents chez certains patients. Si jamais votre torticolis s’accompagne de fièvre ou de vomissements, vous devez consulter votre médecin au plus vite. En effet, il pourrait s’agir d’une infection.

En quoi consistent les séances de rééducation ?

La kinésithérapie n’est généralement pas indiquée en cas de torticolis bénin. En effet, c’est un mal qui s’estompe spontanément en quelques jours tout au plus. Le problème se pose lorsque votre torticolis est anormalement long ou devient chronique. Cela signifie qu’un problème de fond est présent ; l’accompagnement en kinésithérapie devient donc nécessaire, et les séances vous seront prescrites par votre médecin.

Les séances comprennent différents types de soins :

  • Des techniques de physiothérapie (électrothérapie ou ultrasons) appliquées au niveau du cou pour le soulager
  • Des massages décontracturants des cervicales, dont l’objectif est de soulager vos douleurs en réduisant les spasmes musculaires
  • Des mobilisations actives et passives
  • Des techniques de renforcement musculaire (contracté-relâché)

Il existe aussi une autre technique, que l’on appelle le biofeedback sensitif. Pratiqué en dehors des pics de douleur, par des spécialistes spécifiquement formés, le biofeedback consiste à effectuer une pression sur la mâchoire, du côté de la rotation de la tête. Cette technique donne généralement de très bons résultats;

Diminuez vos douleurs

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Comment soigne-t-on un torticolis ?

Bénin mais néanmoins gênant et douloureux, votre torticolis peut nécessiter un traitement, ne serait-ce que pour soulager la douleur.

En cas de torticolis, la première chose à faire est de reposer votre cou, c’est-à-dire d’éviter toutes les postures et tous les mouvements qui déclenchent la douleur. En particulier, vous devrez être vigilant sur les mauvaises postures que l’on a tendance à adopter au lit, ou en position assise. Dans un premier temps, le sport doit être arrêté, surtout s’il sollicite votre cou. Cependant, il est important de conserver une activité cardiovasculaire légère ; en effet, le repos total est déconseillé, car il risquerait de ralentir votre guérison.

En plus du repos, vous pouvez commencer par appliquer régulièrement de la chaleur sur la zone douloureuse. Les vertus de la chaleur sont nombreuses ! Elle permet notamment de décontracter les muscles du cou, ce qui doit apporter un soulagement rapide de vos douleurs. Pour ce faire, vous pouvez par exemple utiliser une bouillotte ou un tissu chaud. Inversement, l’application de froid est proscrite, le froid ayant tendance à raidir les muscles.

En plus de la chaleur, votre médecin peut aussi vous proposer des médicaments contre la douleur : c’est-à-dire des antalgiques, des anti-inflammatoires ou encore des myorelaxants. Les crèmes antalgiques ont aussi leur utilité en cas de torticolis ; elles s’appliquent en massant la nuque.

Aucune chirurgie n’est nécessaire en cas de torticolis bénin ; c’est seulement pour les cas les plus sévères de torticolis spasmodique, qui est une maladie rare, qu’on peut envisager une intervention.

Diagnostic et examens complémentaires

Le torticolis est une pathologie assez simple à diagnostiquer. Pour poser le diagnostic, votre médecin effectue un examen clinique, complété par un interrogatoire. Son objectif est de connaître le contexte d’apparition de vos douleurs et les facteurs déclenchants, mais aussi de savoir s’il s’agit d’un torticolis aigu ou chronique. Il cherchera également la présence de symptômes associés, qui peuvent indiquer une pathologie sous-jacente. Par exemple, un torticolis d’apparition brutale avec fièvre et vomissements fera penser à une infection. Si vous vous trouvez dans ce cas, des examens complémentaires (bilan sanguin et/ou imagerie) devront être effectués.

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