Cervicalgie

Les cervicalgies désignent les douleurs situées au niveau du rachis cervical. L’étiologie la plus fréquente est dégénérative, il s’agit de l’arthrose du cou. Une affection musculaire ou ligamentaire peut également être à l’origine de cervicalgies.

Cervicalgie (cou) : causes, actes et traitements kinésithérapiques | Jérôme Auger | Paris

La cervicalgie, un mal fréquent

Depuis un accident ou sans raison apparente, votre cou est le siège de douleurs fréquentes voire permanentes ? Vous souffrez de ce que l’on appelle une cervicalgie. Ce terme ne désigne pas réellement une pathologie mais plutôt un symptôme (littéralement la douleur du cou) qui peut correspondre à plusieurs problèmes sous-jacents. Cette douleur peut se manifester de différentes manières : elle peut être aiguë, chronique, survenir brutalement ou plus progressivement…Dans la majorité des cas, la cervicalgie est bénigne. Pour autant, la gêne ressentie dans les activités quotidiennes ne l’est pas toujours, ce qui pousse les patients qui ressentent ces douleurs à consulter leur médecin. En effet,l’identification de la cause va permettre d’être orienté vers le traitement le plus adapté.


La cervicalgie en quelques chiffres

  • 30 à 50% de la population générale connaît ou connaîtra un épisode douloureux du cou pendant sa vie
  • La rééducation du rachis cervical représente 10% des actes de masso-kinésithérapie
  • Les douleurs aiguës (torticolis) sont plus fréquentes chez les jeunes ; au contraire les douleurs chroniques sont plus répandues chez les personnes de plus de 50 ans

Pourquoi ai-je une cervicalgie ?

On distingue généralement 3 types de cervicalgies :

  • Les cervicalgies communes, dites non spécifiques, qui comprennent le torticolis. Ces douleurs, qui peuvent concerner des jeunes adultes, sont généralement liées à une mauvaise posture, que ce soit au travail ou pendant les loisirs. Le torticolis aigu quant à lui, apparaît souvent suite à un faux mouvement. Chez des sujets plus âgés, à partir de 50-60 ans, l’arthrose cervicale est une cause fréquente de douleur au cou.
  • Les cervicalgies liées à un accident ou traumatisme, dont le bien connu coup du lapin. Ce traumatisme correspond à une flexion rapide et brutale du cou, qui se produit le plus souvent lors d’un accident de voiture (choc arrière). Le coup du lapin n’entraîne pas systématiquement des symptômes ; lorsque cela arrive, les douleurs cervicales peuvent apparaître soit immédiatement après le traumatisme, soit après un certain délai, ce qui peut compliquer le diagnostic.
  • Les cervicalgies symptomatiques, qui sont la manifestation d’une pathologie sous-jacente. Par exemple, cela peut être une infection de la sphère ORL, ou même de l’oesophage. Les maladies inflammatoires chroniques, comme la spondylarthrite ankylosante, peuvent aussi être responsables des douleurs au cou. Plus rarement, cela peut aussi venir d’une tumeur.

Quels sont les symptômes de la cervicalgie ?

Les douleurs caractéristiques de la cervicalgie sont ressenties sur la face postérieure du cou, au niveau des vertèbres cervicales. Dans bien des cas, la douleur s’étend au-delà du cou, irradiant au niveau des épaules, et rendant difficiles les mouvements du cou et de la tête.

Selon les causes et les circonstances d’apparition de la cervicalgie, celle-ci peut s’accompagner d’autres symptômes, les plus fréquents étant :

  • Une position anormale de la tête
  • Une fatigue importante
  • Des vertiges
  • Des céphalées
  • Des problèmes de vue ou d’audition
  • Des troubles du sommeil
  • Des difficultés cognitives (baisse de la concentration et troubles de la mémoire)

Ces symptômes inquiètent généralement les patients, et les poussent à consulter leur médecin. Parmi les solutions les plus fréquemment prescrites en cas de cervicalgie se trouvent les séances de kinésithérapie.

Comment se déroule la kinésithérapie ?

Votre médecin vous a prescrit des séances de rééducation pour soulager vos douleurs au cou ? Dès que la phase aiguë est terminée, les soins peuvent commencer.

Le traitement kinésithérapique commence toujours par un bilan initial, au cours duquel le kinésithérapeute cherche à caractériser vos douleurs, grâce à une série d’observations et de tests complétés par un interrogatoire. L’objectif est de comprendre et identifier :

  • Les activités ayant provoqué la douleur (activité professionnelle, sport, loisir…)
  • D’éventuels problèmes de posture
  • Des raideurs ou tensions
  • Des signes de faiblesse musculaire

Le rôle du kiné est aussi de repérer d’éventuels signes de gravité, et d’en alerter le médecin si besoin. A partir des éléments recueillis lors du bilan, un programme thérapeutique complet peut être établi. La rééducation vise un objectif double :

  • En priorité, réduire les douleurs et autres symptômes, en libérant les tensions au niveau du cou
  • Ensuite, renforcer la musculature du cou pour prévenir les maux

Plusieurs techniques de soin pourront être utilisées pendant les séances, notamment :

  • Des massages décontracturants du cou
  • De l’électrothérapie ou des ultrasons
  • Des manipulations vertébrales
  • Des mobilisations actives et passives
  • Des exercices de renforcement musculaire

Notons que les manipulations vertébrales sont effectuées exclusivement par des kinésithérapeutes ayant suivi une formation spécifique. Pour prolonger les bienfaits du traitement, le rôle du kinésithérapeute est aussi de vous conseiller sur les postures à privilégier, mais aussi de vous recommander des exercices à réaliser régulièrement chez vous.

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Pour aller plus loin…

Comment traite-t-on une cervicalgie ?

L’objectif du traitement médical de la cervicalgie est avant tout de réduire les douleurs. Pour ce faire, les médecins prescrivent généralement des antalgiques ou des anti-inflammatoires. Dans certains cas de douleurs chroniques particulièrement intenses, des anti-douleurs plus forts peuvent être indiqués, mais cela reste relativement rare. Pour soulager les contractures musculaires, le médecin pourra aussi vous prescrire des myorelaxants. En plus de la rééducation, ces traitements suffisent généralement à soulager efficacement les symptômes.

Le port d’une minerve pour immobiliser le cou n’est pas systématique. Au contraire, le collier cervical augmente la raideur du cou, ce qui est déconseillé pour l’amélioration des symptômes à moyen-long terme. Si une minerve doit être portée, par exemple en cas de douleurs intenses, cela ne doit pas excéder quelques jours.

Comment est posé le diagnostic ?

Le diagnostic repose essentiellement sur un examen clinique et un interrogatoire menés par le médecin. Son objectif est de connaître :

  • Les caractéristiques de votre douleur (son intensité, son trajet et les facteurs déclenchants)
  • Ses circonstances d’apparition (coup du lapin ou autre traumatisme, activité sportive, faux mouvement)
  • Le niveau de gêne fonctionnelle
  • Les éventuels symptômes associés

Si le diagnostic de cervicalgie commune est retenu, aucun autre examen ne vous sera demandé. Après un traumatisme en revanche, votre médecin pourra vous orienter vers un bilan radiologique ; l’idée étant de vérifier que les vertèbres cervicales ne présentent aucune fracture ou autre lésion.

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