Spondylolisthésis

Le spondylolisthésis est le glissement vers l’avant d’une vertèbre par rapport à la vertèbre en dessous et concerne le plus souvent le bas du dos. Après consultation médicale spécialisée, la kinésithérapie propose des exercices de renforcement et étirement pouvant soulager le malade symptomatique.

Spondylolisthésis (glissement de vertèbre) : causes et traitements | Jérôme Auger | Paris

Généralités

Le spondylolisthésis, c’est quoi ?
Le spondylolisthésis est une pathologie peu connue du grand public. Il se définit par le glissement d’une vertèbre par rapport à la vertèbre qui se trouve en dessous, entraînant le reste de la colonne vertébrale. Comme beaucoup de problèmes de dos, la majorité des spondylolisthésis se situent au niveau des vertèbres lombaires, les plus fréquemment touchées étant la L4 et la L5, ou la L5-S1.


Quelques chiffres sur le spondylolisthésis

  • La prévalence de cette pathologie dans la population générale est plutôt importante, on l’estime à environ 5%
  • Les hommes sont aussi bien concernées que les femmes
  • Dans certains cas, les personnes atteints de spondylolisthésis sont parfaitement asymptomatiques
  • Si des douleurs doivent apparaître, c’est généralement entre 35 et 40 an

Quelles sont les causes du spondylolisthésis ?

Pour comprendre la cause de ce problème, il faut d’abord avoir une vue d’ensemble de la structure du rachis (colonne vertébrale). Celui-ci se compose de 33 vertèbres, reliées les unes aux autres par ce que l’on appelle des disques intervertébraux, qui permettent notamment d’amortir les chocs. Pour simplifier les choses, la colonne vertébrale peut être divisée en trois compartiments :

  • En haut, le rachis cervical, constitué de 7 vertèbres et qui correspond à la zone du cou
  • Au milieu du dos, ce que l’on appelle le rachis thoracique, qui comprend 12 vertèbres et se situe, comme son nom l’indique, à hauteur de la cage thoracique
  • Enfin, en bas du dos se trouvent les 5 vertèbres qui forment le rachis lombaire

Les disques intervertébraux sont quant à eux constitués d ’un anneau fibreux qui forme la périphérie, et d’un noyau gélatineux en leur centre. Ils sont sollicités dans tous les mouvements utilisant la colonne vertébrale : torsion, flexion, extension, inclinaison…Leur rôle d’amortisseur est essentiel dans toutes vos activités ! Malheureusement, avec l’âge, les disques intervertébraux tendent à se déshydrater et à se fissurer, ainsi qu’à perdre en souplesse, ce qui les rend moins efficaces face aux chocs reçus par le dos.

On parle de spondylolisthésis lombaire lorsqu’une vertèbre lombaire glisse vers l’avant et vers le bas par rapport à la vertèbre du dessous. Il en existe trois types :

  • Le spondylolisthésis lombaire par lyse isthmique, qui correspond à une fracture de l’isthme suite à des microtraumatismes répétés. Cette pathologie se rencontre le plus souvent chez des enfants pratiquant certains sports.
  • Le spondylolisthésis lombaire dégénératif, ou arthrosique, qui survient en conséquence d’une arthrose
  • Enfin, le spondylolisthésis lombaire dysplasique, qui est plus rare. Il s’agit d’une anomalie congénitale liée à un problème de croissance osseuse

D’autres causes sont possibles, mais elles sont plus rares : traumatisme important, maladie tumorale ou infectieuse, ou encore complication d’une chirurgie.

Quels sont les symptômes du spondylolisthésis ?

Dans certains cas, le spondylolisthésis peut être asymptomatique. Lorsqu’il ne l’est pas, les patients sont alertés par les signes suivants :

  • En premier lieu, les douleurs lombaires, qui sont un résultat de l’instabilité vertébrale
  • Mais aussi une sciatique ou une cruralgie, c’est-à-dire des douleurs au niveau des jambes, allant parfois jusqu’au pied, et dont l’origine est nerveuse. En effet, le spondylolisthésis peut étirer ou comprimer un des nerfs qui se trouvent dans le bas du dos, nerf sciatique ou nerf crural.

Ces deux symptômes sont généralement associés, c’est pourquoi on les désigne sous le nom de lombosciatique. D’un patient à l’autre, la localisation exacte et le trajet des douleurs peut varier. De manière générale, les personnes remarquent une augmentation des douleurs avec le mouvement, et une diminution au repos.

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Quels sont les traitements du spondylolisthésis ?

En l’absence de symptômes liés au spondylolisthésis, la seule mesure à prendre est la surveillance régulière de celui-ci, par des examens radiographiques. Votre médecin vous recommandera certainement d’en effectuer tous les ans et tous les 5 ans, en fonction de votre âge et d’éventuels autres éléments.

Si vous avez des symptômes en revanche, un traitement médical s’impose, qui peut varier en fonction du type de symptôme et de votre profil. Si vos douleurs sont récentes et modérées, un traitement médicamenteux devrait suffire dans un premier temps : antalgiques ou anti-inflammatoires non stéroïdiens en cas de crise, sur une période courte (5 à 7 jours au maximum). En complément, votre médecin peut également vous prescrire des séances de rééducation ; pour tout ce qui touche à la colonne vertébrale, il s’agit surtout d’exercices de renforcement des muscles du dos et des abdominaux.

Dans certains cas, on pourra aussi vous orienter vers un traitement orthopédique : concrètement, il s’agit d’une immobilisation avec un plâtre bermuda, intégrant une cuisse d’un seul côté.

Quant à la chirurgie, elle n’est indiquée que dans certains cas relativement rares, qui se caractérisent par des douleurs persistantes et/ou des signes de gravité (notamment une faiblesse musculaire et des troubles neurologiques). L’opération la plus courante est ce que l’on appelle une arthrodèse, qui consiste à souder entre elles les deux vertèbres concernées.

Diagnostic du spondylolisthésis et examens complémentaires

Dans la majorité des cas, les personnes vivent un certain temps avec leur spondylolisthésis, sans avoir qu’elles sont atteintes. Le plus souvent, l’anomalie est découverte un peu par hasard, par exemple dans un bilan radiographique effectué pour une autre pathologie. Le spondylolisthésis peut aussi être diagnostiqué à l’âge adulte, lorsque les patients commencent à s’inquiéter et à consulter pour des douleurs lombaires. En effet, ces douleurs en sont le principal symptôme, tout comme les sciatiques et cruralgies.

La radiographie du rachis lombaire est l’examen de référence qui permet d’identifier un spondylolisthésis. Il permet également de classer l’anomalie en fonction de l’importance du glissement vertébral. En plus de l’examen radiologique, votre médecin pourra vous demander d’effectuer :

  • Un scanner du rachis lombaire afin de visualiser une éventuelle fracture de l’isthme
  • Une IRM, examen permettant de mieux visualiser les racines nerveuses comprimées, mais aussi d’analyser l’état des disques intervertébraux

Enfin, un autre examen parfois indiqué est l’électromyographie, utilisée pour évaluer la santé des muscles et des cellules nerveuses contrôlant les muscles. Cet examen n’est effectué que si le patient ne présente pas tous les symptômes, ou lorsque ceux-ci sont très modérés.

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