Périostite tibiale

Le tibia et le péroné sont les deux os qui forment la jambe. Le tibia et entouré par une membrane: le périoste. L’inflammation de cette membrane signe la périostite et se manifeste par une douleur qui s’étend souvent au niveau du tiers inférieur de la jambe.

Généralités

La périostite tibiale est une des pathologies musculo-squelettique les plus fréquentes chez certains sportifs, notamment chez les coureurs et les danseurs. La mise au repos partiel ou total est souvent nécessaire pour qu’elle disparaisse, généralement en quelques semaines. Les kinésithérapeutes sont en première ligne pour accompagner cette récupération.

Qu’est-ce qu’une périostite tibiale ?

Une périostite, comme son nom l’indique, est une inflammation du périoste. Le périoste est un des composants des os longs. Le tibia est lui même un des os longs du corps humain. Le mécanisme physiologique impliqué dans la périostite tibiale est le suivant : 

  • Les tendons et aponévroses qui s’insèrent sur le périoste tibial exercent une trop forte tension et traction du périoste ;
  • Cela crée une inflammation ;
  •  L’inflammation altère la qualité du périoste et peut créer des nodules sur le tibia ;
  • Des douleurs sont ressenties au niveau du périoste tibial.

En anglais, la périostite tibiale est appelée Medial Tibial Stress Syndrome (MTSS) ou Shin-Splint Syndrome, littéralement Syndrome de stress du tibia médian ou syndrome du tibia. L’accent est moins mis sur le type de structure incriminé (le périoste) et plus sur la simple localisation de la douleur et son mode de survenue (un stress).

Quels sont les symptômes d’une périostite tibiale ?

Le principal symptôme de la périostite tibiale est la douleur, localisée tout le long du tibia sur plusieurs centimètres. Cette douleur est présente parfois au repos, mais surtout lors des activités sportives à impact telles que la course à pied ou les sports de ballon. Elle est aussi majorée lors de la pression manuelle du tibia. La douleur est décrite comme étant parfois brûlante.

La douleur dure plusieurs jours, semaines, mois voire années. Elle entraîne souvent l’arrêt ou la diminution de la pratique des activités physiques et sportives. La périostite tibiale disparaît parfois pour revenir ensuite quelques mois plus tard.

Parfois, on peut également observer une légère enflure en regard du tibia.

Le diagnostic est réalisé par un médecin ou un kinésithérapeute. Il est posé après un simple interrogatoire et un examen clinique. Il n’y a pas lieu de faire des examens complémentaires pour objectiver une périostite tibiale.

Quelles sont les causes d’une périostite tibiale ?

La périostite est très fréquente chez les sportifs et les militaires : respectivement 4 à 19 % et 4 à 35 % de ces populations sont touchées au moins une fois au cours de leur vie. Chez les coureurs de sprint ou d’endurance, c’est d’ailleurs la blessure musculo-squelettique la plus fréquente. Les danseurs et danseuses sont également fortement touchés.

La principale cause d’une périostite tibiale est donc la survenue répétée d’impacts et de micro-traumatismes au niveau du périoste, induits par la pratique sportive.

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Quels traitements contre la périostite tibiale ?

Le diagnostic de périostite tibiale est simple à poser. En général, des séances de rééducation sont prescrites pour optimiser la réémission naturelle de la périostite. La rééducation est souvent supervisée par des kinésithérapeutes.

Le premier axe de traitement est la mise au repos partiel ou total durant 2 à 6 semaines. Les activités sportives sources de micro-traumatismes au niveau du tibia doivent être supprimées ou ralenties. Le kinésithérapeute est là pour évaluer avec le patient les possibilités d’adaptation de la pratique sportive. Parfois le repos strict est indispensable. En cas de repos strict, l’activité sportive devra être reprise de manière progressive, sous peine sinon de voir ressurgir les douleurs. 

Des traitements à visée antalgiques sont souvent également proposés par les kinésithérapeutes : ultrasons, thérapie par onde de choc, massage transverse profond, électrothérapie, thermothérapie. Les médecins proposent parfois des infiltrations d’anti-inflammatoires. Il y a peu d’études cliniques réalisées concernent l’efficacité de ces techniques par rapport au traitement conservateur qui consiste au simple repos. Les études existantes ne montrent pas d’efficacité supérieure d’une de ces techniques par rapport au simple repos.

Le traitement chirurgical est extrêmement rare et réservé aux périostites tibiales récalcitrantes malgré une mise au repos de plus d’un an.

Les kinésithérapeutes accompagnent également la reprise de l’activité sportive. Ils proposent parfois un renforcement musculaire adapté des membres inférieurs, particulièrement des muscles pronateurs. Un travail de pliométrie et de proprioception peut aussi progressivement être instauré.

Comment prévenir l’apparition d’une périostite tibiale ?

Les axes de prévention possibles de la périostite tibiale sont les suivant :

1/ l’augmentation progressive de l’intensité et de la fréquence des activités sportives ;

2/ la diminution des charges d’entrainement lors de l’apparition d’une douleur en regard du tibia.

Certains kinésithérapeutes proposent également un travail de renforcement des muscles pronateurs du segment jambier dans le but de moins mettre en tension le périoste. Les podologues conseillent souvent le port de semelles orthopédiques de série ou sur mesure. L’efficacité des semelles contre la périostite n’a cependant jamais été prouvée.

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