Kinésithérapie de la course à pied

Kinésithérapie de la course à pied

Un coureur sur 2 se blesse chaque année!
La course à pied est un sport traumatisant pour le corps notamment pour les membres inférieurs et le rachis. De nombreuses pathologies peuvent venir perturber vos sorties running. Un kinésithérapeute du sport spécialisé peut prévenir et guérir ces blessures.

Généralités

Malgré l’impact positif sur la santé qui est associé à la pratique de la course à pied et du running (lutte contre l’obésité, les maladie cardio-vasculaire…), il ne faut pas occulter le nombre important de blessures qui y sont associées.

Contrairement à la natation ou au cyclisme qui sont des sports dits « portés », la course à pied est l’une des activités sportives les plus traumatisantes. En dehors des traumatismes entraînant immédiatement un arrêt sportif comme une fracture ou une entorse, on parlera de micro traumatismes répétés qui occasionnent une modification de la technique de cours et conduisent souvent à un arrêt de l’activité à cause des douleurs devenues insupportables. En effet, à chaque foulée, les contraintes mécaniques sont multipliées par 3 du fait de l’attaque du talon sur le sol, notamment au niveau du genou et de la cheville qui absorbent ces chocs à répétition.

De nombreux sportifs souffrent ainsi de microtraumatismes qui, à la longue, peuvent aboutir à de véritables pathologies. Les traumatismes se situent essentiellement au niveau des membres inférieurs et touchent surtout l’articulation du genou puis celles de la jambe (tibia et fibula) et du pied avec, plus rarement, des lésions du bassin et du rachis lombaire.

Les blessures courantes de la course à pied

Lors de la pratique du running, le corps peut subir des traumatismes plus ou moins importants : contracture du quadriceps, tendinites, crampes, contractures, déchirures, entorses, fractures, inflammations… Voici les plus fréquents.

  • Au niveau du genou : tendinite du tendon quadricipital, tendinite du tendon du quadriceps après la patella (ligament patellaire, tendon patellaire, tendon rotulien), tendinite de la patte d’oie, tendinite du tenseur du fascia-lata (ou syndrome de la bandelette ilio-tibiale ou syndrome de l’essuie –glace), syndrome fémoro-patellaire (syndrome rotulien),
  • Au niveau de la jambe : périostite tibiale (syndrome de stress tibial), fracture de fatigue du tibia, syndrome de loge d’effort, claquage ou déchirure musculaire du mollet (triceps sural surtout gastrocnémiens)
  • Au niveau de la cheville : entorse du ligament latéral externe, entorse du ligament latéral interne, ténosynovite du tibial antérieur ou du tibial postérieur, ténosynovite des muscles fibulaires,
  • Au niveau du tendon d’Achille : lésion au niveau de l’insertion du tendon sur l’os (enthésopathie), au niveau de la jonction tendon/muscle (myotendinite), de la bourse séreuse (bursite), lésion du tendon (tendinose), lésion de la gaine du tendon (ténosynovite), nodule intra-tendineux (tendinite nodulaire),
  • Au niveau de la cuisse : contracture du quadriceps (muscles de la face antérieure de la cuisse), crampes, contractures, élongations, déchirures musculaires (claquage) des ischio-jambiers (muscles de la face postérieure de la cuisse)
  • Au niveau du pied : fracture de fatigue du naviculaire, fracture de fatigue du col du talus, fracture de fatigue des métatarsiens, tendinopathie des muscles releveurs du pied, talalgie, métatarsalgie, douleur tendineuse, inflammation de l’aponévrose plantaire (aponévrosite plantaire ou fasciite, épine calcanéenne, sésamoïdite.
  • Au niveau de la hanche : tendinite du moyen fessier (situé face latérale de la hanche), tendinite fessière, tendinite du psoas iliaque ou inflammation du psoas (psoitis), bursite trochantérienne, tendinite de l’insertion proximale des ischios-jambiers;
  • Au niveau du dos : lombalgie, sacro-iléite (inflammation de l’articulation sacro-iliaque), fracture de fatigue du sacrum.

Les techniques de kinésithérapie appliquées à la course à pied

Le masseur-kinésithérapeute joue un rôle clé dans la prise en charge du coureur mais aussi dans le conseil auprès du patient pour prévenir les risques de survenue des pathologies et la prévention des des récidives. La prise en charge de chaque patient est unique, et afin d’être optimal dans le conseil au patient, ce dernier doit contextualiser chaque cas de la façon la plus précise possible.
la prise en charge d’un runner s’envisage comme la prise en charge d’un sportif de haut-niveau. Voici les principaux points de vigilance:

  • Aux changements récents : c’est le point de loin le plus important et qui réunit tous les autres points suivants. Il faudra questionner à propos des changements de chaussures, de surface, de volume,de technique de course, de type de foulée, de distance courue, de préparation, de dénivelé, de préparation, etc.
  • Au volume d’entraînement réalisé par semaine, en quantité, nombre de sorties, type d’entraînement, volume, périodes de récupérations, plan d’entraînement, planification, cycles de travail, préparation physique générale et spécifique, musculation, dénivelé
  • Hygiène sportive : échauffement général et spécifique, corps de la séance, récupération, hydratation, diététique, étirements, relaxation
  • Entourage du coureur: type d’informations véhiculées, fake news médicales, fausses idées reçues, staff médical, staff technique
  • Soins du coureur : massages, étirements, physiothérapie, strapping, kiné, ostéo, médecin du sport, traitements antérieurs, médication, compléments alimentaires
  • Au type de chaussures et de chaussettes portées par le patient et leur état d’usure, utilisation de chaussettes de contention
  • Aux blessures antérieures propres à chaque patient et le suivi médical du patient
  • Aspects psychologiques : motivation à courir, objectifs, anxiété, stress, plaisir,

Prévention

C’est en associant conseils, éducation aux bonnes pratiques et corrections que le kinésithérapeute du sport donne à son athlète toutes les clés de la prévention des blessures qui pourraient le toucher au cours de la pratique de son activité. Le maître mot est le dosage des contraintes sur les structures anatomiques qui doivent être suffisamment fortes pour stimuler l’organisme et le forcer à s’adapter en s’améliorant, et suffisamment douces et progressives pour ne pas dépasser les capacités d’adaptation et se retrouver avec des douleurs, inflammations, oedèmes. Facile à écrire, plus difficile à faire en pratique quotidienne !

En outre, la pratique régulière de la course à pied entraîne, de par la répétition des chocs sur le sol, des déséquilibres au niveau du corps qui peuvent être levés par des séances de kinésithérapie. Le praticien pratique sur le coureur des massages décontracturants pour les muscles, des massages transversaux profonds pour les tendons, des étirements, des techniques de mobilisation douce ainsi que des séances de physiothérapie (électrothérapie, drainage, cryothérapie, TECAR thérapie, ondes de choc). Quasiment la totalité des pathologies induites par la course à pied est causée par un changement de quelque chose.

Traitement de la douleur

Suite à la pose d’un diagnostic, le kinésithérapeute peut diminuer la douleur ainsi que l’inflammation en réalisant les mêmes types de massages (décontracturant, transversal) mais aussi des drainages et des étirements spécifiques. Ici encore, la physiothérapie a tout son sens (cryothérapie, ultrason, ondes de chocs et électrothérapie). Ce temps de traitement doit être le plus court et bref possible. Les méthodes passives ne donnent pas de bons résultats sur les douleurs à long terme, tout au plus cela permet d’améliorer le confort du patient sur un temps court, ce qui n’est déjà pas si mal quand on considère que nos traitements en kiné du sport sont non-invasifs et non-médicamenteux. Donc on fait tout ça mais le moins possible pour passer le cap douloureux propre à chacun. De plus, il faut aussi dire qu’une rééducation trop intense ou trop précoce conduit à une augmentation des douleurs qui ruine la motivation d’un sportif. En revanche, une amélioration précoce même minime, montre au patient qu’il peut sortir de douleurs parfois anciennes et persistantes. La confiance est alors renforcée et la relation thérapeutique commence sur des bonnes bases permettant une écoute attentive pour la suite qui concerne 90% du traitement.

Kiné du sport = Techniques et thérapies actives, on se bouge !

Les techniques utilisées en kiné du sport pour traiter des douleurs parfois persistantes liées à la course à pied reposent sur sur les principes suivants:

1. Spécificité : “c’est en forgeant que l’on devient forgeron”, “marchez pour être marcheur, courez pour être coureur”. C’est toujours l’entraînement spécifique à une activité qui permet de s’améliorer dans ladite activité. Aucun secret, aucun scoop, juste du bon sens mais qui est parfois oublié par beaucoup. Les muscles, les capacités d’absorption des contraintes mécaniques des structures tendineuses, et les métabolismes ne se renforcent que là où ils sont travaillés et dans les modes d’entraînements qui sont travaillés. Attention : la spécificité d’un entraînement ne doit pas conduire à la méthode suivante : je suis coureur de marathon donc toutes les semaines je courre un marathon pour m’améliorer. Cela ne fonctionne pas comme ça. Vous devez vous entraîner spécifiquement sur les facteurs limitants et explorer les entraînements cardio-pulmonaires et musculaires spécifiques à votre activité. L’entraînement doit donc être basé sur le développement des qualités propres de votre activité, et doit se focaliser sur des moyens propre à votre discipline.
Les déterminants de la performance sont : les facteurs physiologiques et psychologiques du sportif, les études physiologiques des séances d’entraînement, les facteurs anthropologiques du sportif, les facteurs biologiques, les facteurs moléculaires, les facteurs génétiques, étude des meilleurs performers mondiaux dans la discipline, programmation des séances d’entraînement, orientation de l’entraînement pour développer telle ou telle qualité athlétique.

2. Progressivité : c’est un principe indispensable à respecter pour un entraînement performant. Il s’agit de doser les efforts en terme d’intensité, de quantité, de qualité, de durée, de fréquence. La zone d’efficacité est souvent empirique et les 2 extrêmes sont mauvais (excès de contraintes ou déficit de contraintes). La courbe de progrès est classique de tout apprentissage: aux premiers progrès très rapides suit une période de plus ou moins stagnation avec des progrès très lents. C’est pendant cette période que la tentation d’augmenter trop fortement les charges est la plus forte. Au contraire il faut bien souvent diminuer les charges car c’est à ce moment que l’entraînement technique doit être prépondérant. Après une meilleure maîtrise technique on pourra construire à nouveau des charges physiques fortes permettant de dépasser ses espérances en terme de niveau atteint. Il faut également ne pas être trop pressé et laisser le temps à l’organisme de s’adapter et de modifier ses structures. Les tissus mous cicatrisent et se remodèlent en 45 à 60 jours alors il faut être patient. La principale source de mauvaises performances est le mauvais dosage des intensités des entraînements et les excès d’entraînements intenses.

3. L’individualisation : Un programme d’entraînement qui n’est pas adapté à l’individu échoue. C’est un constat fait sur le terrain depuis de nombreuses années et qui est aujourd’hui clairement démontré par les études récentes sur le sujet. La programmation d’entraînements individualisés passe nécessairement par l’évaluation des qualités et capacités athlétiques du sujet, ainsi que les capacités mentales, corrélés aux antécédents sportifs et médicaux. Les objectifs à atteindre sont aussi important car les moyens utilisés varient en fonction d’un but sport-santé, de la performance du haut niveau ou simplement du sport plaisir.

4. Continuité : les réponses et les adaptations de l’organisme aux charges d’entraînement continuent tant que l’activité physique continue. En cas d’arrêt sportif alors les gains diminuent jusqu’au retour à l’état antérieur. Les arrêts courts pendant les intersaisons ne devraient jamais dépasser un mois.

5. La planification : Planifier les saisons consiste à se caler sur les temps forts où le sportif doit arriver au pic de sa condition physique pour une compétition importante. Il est impossible de se maintenir à ce niveau durant toute une saison, donc il faut déterminer des cycles d’entraînement en les planifiant à l’avance. Dans le monde sportif on parle de période d’affûtage”. Planifier consiste donc a bien quantifier le stress mécanique imposé aux coureurs et aux athlètes.

6. La récupération : À haut niveau, celui qui gagne n’est pas celui qui s’entraîne le plus mais celui qui se repose et récupère le plus.

7. La surcompensation : Tout entraînement physique induit des perturbations biologiques et la déplétion des stocks de substrats énergétiques. On constate après plusieurs heures jusqu’à plusieurs jours que les stocks de substrats reviennent non seulement à leur niveau initial mais surtout sont supérieurs. Tout entraînement physique est basé sur ce phénomène. Plus l’entraînement est intense et plus la surcompensation est importante. La surcompensation diminue ensuite jusqu’au retour à l’état initial. C’est la répétition de ces entraînements qui maintient la surcompensation. La période de récupération est importante car elle permet ce phénomène de surcompensation. Cependant, la surcompensation a des limites. les sportifs de haut niveau qui s’entraînent de multiples fois par semaine n’observent pas des gains proportionnels en performance. Chez les athlètes professionnels l’entraînement est basé sur la répétition d’entraînements rapprochés, suivis d’une période de récupération. Et ce cycle est répété en espérant que la surcompensation soit meilleure. La surcompensation ne fonctionne que si la phase de récupération est importante et de bonne qualité. Pour cela l’hygiène sportive est primordiale : sommeil, nutrition, hydratation, qualité des repas, repos, étirements.

8. La préparation physique générale : Il est nécessaire pour tout sportif de se consacrer quelques moments pour développer son endurance générale, sa musculature, sa souplesse même si ce sont des qualités peu exigées par telle ou telle discipline. Un sprinter de 100 mètres fera malgré tout des séances d’endurance générale et un tennisman fera de la musculation.

9. Les apports de la biologie moléculaire et de la génétique : ce champ d’étude permettra dans les années à venir de mieux comprendre les effets physiologiques de l’entraînement et de mieux concevoir les programmes d’entraînement dédiés aux sportifs quelque soit leur niveau de pratique et leur objectif.

Conclusion

La course à pied est une pratique en plein explosion : le marathon de Paris a triplé ses effectifs en 4 ans. En revanche un coureur sur 2 se blesse chaque année et les pathologies sont classiques. Le kiné du sport est l’acteur essentiel à la prévention, au diagnostic, au traitement, au suivi et au retour à la compétition.

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