Rééducation
Vous ressentez une douleur autour ou sous la rotule quand vous pliez le genou, dans les escaliers, en position accroupie ou après être resté longtemps assis ? Ce symptôme, très fréquent en cabinet de kinésithérapie, relève le plus souvent de trois causes : le syndrome fémoro-patellaire, la tendinopathie rotulienne ou la chondropathie rotulienne.
Voici comment les distinguer et quelles solutions la kinésithérapie peut vous proposer.
En résumé
La douleur sous la rotule en flexion s’explique par l’augmentation de la pression entre la rotule et le fémur lorsque le genou se plie. Trois causes dominent. Le syndrome fémoro-patellaire provoque une douleur diffuse, aggravée par la descente des escaliers et la station assise. La tendinopathie rotulienne provoque une douleur précise sous la rotule, fréquente chez les sportifs qui sautent. La chondropathie rotulienne correspond à une atteinte du cartilage, avec une douleur profonde et progressive.
La kinésithérapie, fondée sur l’exercice progressif, constitue le plus souvent la première réponse.
Accès direct
Pourquoi a-t-on mal sous la rotule quand on plie le genou ?
Cause n°1 : le syndrome fémoro-patellaire, la plus fréquente
Cause n°2 : la tendinopathie rotulienne, ou « genou du sauteur »
Cause n°3 : la chondropathie rotulienne, quand le cartilage s’abîme
Quelles solutions en kinésithérapie pour une douleur sous la rotule ?
Dans les cabinets dédiés à la rééducation du genou à Paris et en Île-de-France, la douleur rotulienne en flexion figure parmi les motifs de consultation les plus courants. Selon une méta-analyse publiée dans PLoS One, 22,7 % de la population générale souffre chaque année de douleurs fémoro-patellaires, une proportion qui atteint 28,9 % chez les adolescents.
La rotule est un petit os plat situé à l’avant du genou. Elle glisse dans une gouttière osseuse du fémur, la trochlée. Lorsque le genou se plie, la pression entre la rotule et le fémur augmente considérablement. Si une structure est irritée ou si la rotule glisse mal, la flexion devient douloureuse.
Jérôme Auger, kinésithérapeute dans son cabinet à Paris 16, retrouve ainsi cette douleur dans quatre situations qui accentuent la flexion, et donc la compression de la rotule :
Parmi les différentes douleurs au genou possibles, le syndrome fémoro-patellaire est le plus fréquent. Aussi appelé syndrome rotulien, il correspond à une contrainte excessive entre la rotule et le fémur. La rotule ne glisse plus correctement dans sa gouttière, sous l’effet de facteurs souvent combinés : déséquilibre musculaire, particularités morphologiques ou mauvais dosage de la pratique sportive.
Selon les recommandations cliniques publiées en 2019 dans le Journal of Orthopaedic & Sports Physical Therapy (JOSPT), la douleur est typiquement diffuse, autour ou derrière la rotule, et difficile à pointer du doigt. Elle s’aggrave à la descente des escaliers et après une station assise prolongée : c’est le « signe du cinéma ».
Des craquements sans douleur franche sont possibles, mais le genou gonfle rarement. Une faiblesse du quadriceps, des fessiers et des stabilisateurs du bassin figure parmi les facteurs principaux, tout comme des raideurs de la chaîne externe.
La tendinopathie rotulienne, longtemps appelée « tendinite », touche le tendon qui relie la pointe inférieure de la rotule au tibia. Surnommée « genou du sauteur » (jumper’s knee), elle résulte d’une surcharge répétée du tendon, notamment lors des sauts et des réceptions.
Une étude menée auprès de 613 athlètes de haut niveau a relevé une prévalence de 44,6 % chez les volleyeurs et de 31,9 % chez les basketteurs, contre aucun cas chez les cyclistes.
Contrairement au syndrome fémoro-patellaire, la douleur est précise, localisée juste sous la pointe de la rotule, et le tendon est sensible au toucher. Elle se manifeste lors des sauts et dans les escaliers. Elle s’accompagne souvent d’une raideur matinale et s’atténue parfois à l’échauffement avant de revenir.
Une augmentation trop rapide du volume d’entraînement, une faiblesse du quadriceps et un manque de souplesse des ischio-jambiers comptent parmi les facteurs favorisants. Le repos complet n’est pas la solution : en kinésithérapie du sport, le tendon est rechargé progressivement.
La chondropathie rotulienne désigne une lésion ou une usure du cartilage qui tapisse la face arrière de la rotule. Elle est classée en quatre grades de gravité croissante. À un stade avancé, elle peut évoluer vers une arthrose fémoro-patellaire.
La douleur est sourde et profonde, ressentie derrière la rotule, et s’aggrave progressivement au fil des années. Les craquements s’accompagnent cette fois d’une sensation de frottement douloureux en flexion-extension, parfois de blocages passagers ou d’un épanchement.
Plusieurs facteurs peuvent y conduire : un traumatisme direct de la rotule, une instabilité patellaire avec luxations répétées, ou une anomalie morphologique, comme une rotule haute ou une trochlée peu creusée.
Le diagnostic repose sur l’examen clinique. Il est complété par une IRM, pour évaluer l’étendue des lésions des cartilages du genou, et par une radiographie, pour rechercher une arthrose associée.
Aux stades précoces, la kinésithérapie constitue la base de la prise en charge. Aux stades avancés, elle s’articule avec le suivi d’un chirurgien orthopédiste.
Quel que soit le diagnostic, la kinésithérapie est le plus souvent le traitement de première intention. Les recommandations du JOSPT placent l’exercice thérapeutique progressif, ciblant la hanche et le genou, au cœur de la prise en charge du syndrome fémoro-patellaire.
Pour la tendinopathie rotulienne, un essai randomisé publié en 2021 dans le British Journal of Sports Medicine a comparé deux approches. À 24 semaines, la mise en charge progressive du tendon a obtenu de meilleurs résultats que les exercices excentriques seuls.
Jérôme Auger applique un protocole en quatre étapes :
La balnéothérapie peut également compléter la rééducation : l’immersion allège le poids du corps et facilite un renforcement précoce.
En conclusion
Une douleur sous la rotule en flexion du genou relève le plus souvent d’un syndrome fémoro-patellaire, d’une tendinopathie rotulienne ou d’une chondropathie rotulienne. Chacune présente des signes distinctifs, mais seul un bilan clinique permet de poser le bon diagnostic.
Les recommandations internationales le rappellent : la douleur fémoro-patellaire ne disparaît pas toujours d’elle-même.
Jérôme Auger vous accueille dans son cabinet parisien pour un bilan personnalisé et une rééducation adaptée.
Sources
La localisation de la douleur est le premier indice. Une douleur diffuse autour de la rotule oriente plutôt vers un syndrome rotulien, tandis qu’une douleur précise sous sa pointe, sensible au toucher, évoque une tendinopathie. Seul un bilan réalisé par un professionnel de santé permet de confirmer le diagnostic.
Il est conseillé de consulter si la douleur persiste malgré l’adaptation de vos activités, si elle augmente, ou si elle vous oblige à modifier vos gestes quotidiens. Des craquements accompagnés de douleur justifient aussi un avis, les craquements isolés étant le plus souvent bénins.
Adaptez vos activités sans tomber dans l’immobilité totale et évitez les positions accroupies ou à genoux. Vous pouvez remplacer temporairement la course par le vélo ou la natation, et noter chaque jour ce qui déclenche la douleur pour en informer votre kinésithérapeute.
La contraction isométrique du quadriceps est généralement bien tolérée : assis jambe tendue, une serviette roulée sous le genou, on contracte la cuisse quelques secondes pour écraser la serviette. Le pont fessier et l’étirement du quadriceps complètent ce travail. Ces exercices ne remplacent pas une rééducation encadrée.
La durée varie selon le diagnostic, l’ancienneté des symptômes et le niveau d’activité, généralement de plusieurs semaines à plusieurs mois. Dans l’essai de Breda et al. (2021) consacré à la tendinopathie rotulienne, le programme s’étendait sur 24 semaines.
Un repos relatif est souvent préférable à un arrêt complet. Le kinésithérapeute adapte la charge d’entraînement, suspend temporairement les gestes les plus contraignants, comme les sauts, et organise une reprise progressive pour limiter le risque de récidive.
Pour être remboursées par l’Assurance Maladie, les séances nécessitent en règle générale une prescription médicale. Depuis la loi du 19 mai 2023, un accès direct est possible sous conditions, notamment dans certaines structures d’exercice coordonné, dans la limite de huit séances sans diagnostic médical préalable.
Elle reste rare et relève toujours de la décision d’un chirurgien orthopédiste. Elle peut être envisagée, par exemple, en cas de luxations répétées de la rotule ou de lésion cartilagineuse avancée. Elle est toujours suivie d’une rééducation, qui reste indispensable pour comprendre pourquoi un syndrome rotulien ne guérit pas sans travail de fond.
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