Triathlon : sports, blessures et prévention par Jérôme Auger

Le triathlon est un sport qui associe 3 types d’efforts : le vélo, la natation et la course à pied. Chaque année le nombre de pratiquants de triathlon augment. Ainsi le nombre de licenciés a doublé en 5 ans et le nombre de clubs a été augmenté d’un tiers.
Le triathlon présente plusieurs variantes sur les distances.
On retrouve:

  • Sprint : 500 m de natation + 20 km de vélo + 5 km de course à pied
  • Ironman : 3,8 km de natation + 180 km de vélo + 42 km de course à pied

Les efforts étant très variés on retrouve des triathlètes au profil différent mais présentant les mêmes pathologies.

Les blessures du triathlète

Le volume d’entraînement hebdomadaires des triathlètes est d’environ 10 à 12 heures ce qui sollicite fortement les structures musculo-squelettiques. Cela est nécessaire car l’athlète doit être performant dans les 3 disciplines.
Les pathologies surviennent surtout lors de la pratique de la course à pied qui est la discipline qui occasionnent le plus de blessures. Rappelons qu’un coureur à pied sur 2 se blesse chaque année.
Au triathlon, 70 % des blessures sont causées par la course à pied, contre 5 % par le vélo, et 2% par la natation. Les autres cas étant causés par des blessures musculaires ou des fractures.
Cela étant le taux de blessures au triathlon comparativement à d’autres disciplines sportives présente un taux assez faible de blessures. Il s’agit d’un sport avec des surmenages mécaniques mais il n’y a pas de contact entres les pratiquants et il n’y a pas de chocs directs sauf en cas de chute. Les charges d’entraînement sont importantes et les pathologies surviennent surtout en période de compétition. Lors des périodes de compétition, les études montrent que le taux de blessures est double.
Les blessures les plus fréquemment rencontrées se situent au genou, à la jambe et au pied. Le genou étant de loin celui qui occasionnent le plus de blessures et de douleurs. Il s’agit de pathologies micro-traumatiques, de malmenage et surmenage mécanique.

Quelles sont les blessures les plus fréquentes au triathlon?

On l’a dit c’est le genou et la jambe qui sont les régions les plus touchées.
On retrouve :

  • tendinopathie tendon patellaire (tendinite rotulienne)
  • tendinopathies du tendon calcanéen (tendinite du tendon d’Achille)
    fractures de fatigue
  • tendinopathies glutéales (tendinite du moyen fessier)
  • syndromes fémoro-patellaires (syndrome rotuliens)
  • syndromes du TFL (essuie glace, tendinite du TFL)
  • périostites tibiales (syndrome de stress tibial)
  • aponévrosite plantaire (fasciite plantaire, épine calcanéenne)
  • lésion du ménisque

Qu’est ce qu’une pathologie microtraumatique?

Il s’agit d’une pathologie ou blessure qui survient en l’absence de traumatisme ou de choc direct identifié. Ces microtraumatismes résultent de contraintes trop fortes ou trop répétées dans un temps court et qui dépassent les capacités d’adaptation du sportif.

Les facteurs de risques de se blesser sont les antécédents de traumatismes et de blessures, les erreurs d’entraînements.
Les macro-traumatismes rencontrés au triathlon sont la plupart du temps causés par des chutes à vélo ou lors de la course à pied. On retrouve des fractures et des contusions.

Comment prendre en charge une blessure au triathlon?

Compte tenu du volume important d’entraînement hebdomadaire et des spécificités de cette discipline la prise en charge implique un diagnostic médical précis, un traitement médical adapté ainsi qu’une prise en charge précoce et complète par le kinésithérapeute du sport, jusqu’au retour sur le terrain avec l’aide du préparateur physique.
Il faut consulter dès que la douleur survient.
La prévention est essentielle puisque l’on rappelle que les principaux facteurs de risques sont les erreurs d’entraînement et les antécédents de blessures. la mesures de prévention par du renforcement musculaire adapté et une progressivité dans les charges d’entraînement.
La précision du diagnostic est essentielle pour mettre en place le traitement spécifique adapté.
La prise en charge pluridisciplinaire est notée par tous les experts comme étant celle qui apporte les meilleurs résultats.
L’équipe médicale idéale serait : le médecin du sport qui diagnostique, oriente et suit l’évolution du patient, le kinésithérapeute du sport qui réalise des bilans fonctionnels et met en place des traitements adaptés (physiothérapie, mobilisations articulaires, renforcement musculaire, étirements, auto rééducation), le préparateur physique qui adapte les charges d’entraînements. A titre d’exemple on pourra aménager des séquences d’entraînement en natation et en vélo si une aponévrosite plantaire survient.
Il est fréquent de voir se développer des pathologies d’épaule (tendinopathie de la coiffe des rotateurs et des conflits d’épaule) lors de la natation. Ces douleurs peuvent être majorées sur le vélo et lors de la course à pied donc il faudra être prudent lors des charges d’entraînement en cas de blessure à l’épaule.

Comment faire de la prévention en triathlon?

Ce paragraphe s’applique bien entendu à tous les sportifs quelque soit leurs discipline.
Voici les principaux conseils:

  • Il est important de réaliser un bilan médical de pré-saison avec le médecin du sport qui pratiquera différentes évaluations: échographies, bilans biologiques, épreuves d’effort, ECG, évaluation des laxités et instabilités
  • planifier l’entraînement sportifs sur l’année et calculer les cycles d’entraînement en fonction des compétitions
  • prévoir une préparation physique générale, puis une période de préparation physique spécifique
  • prévoir un entraînement continue de la sangle abdominale et des muscles abdominaux
  • travailler spécifiquement les 3 disciplines: technique de nage, technique de course, technique de pédalage. Il faut insister sur la qualité gestuelle en lien avec un entraîneur spécialisé.
  • améliorer son hygiène de vie générale : qualité et quantité du sommeil, alimentation saine et variée, hydratation, relations aux autres
  • mettre en place un plan diététique : se faire suivre par un diététicien
  • mettre en place une routine d’échauffement à faire à chaque entraînement
  • renforcer plus particulièrement les zones qui ont déjà subi une blessure antérieure pour prévenir les récidives
  • autorééducation et éducation thérapeutique
  • ne pas négliger la récupération pour une meilleure qualité d’entraînement
  • renforcer les muscles extenseurs du rachis pour prévenir les pathologies du dos et les lombalgies chroniques liées à un déséquilibre entre la force des extenseurs et des fléchisseurs

Conclusion :

  • Le triathlon est un sport en constante augmentation qui combine 3 disciplines.
  • Les blessures sont fréquentes et liées à la surcharge mécanique et sont localisées au genou pour la majorité d’entre elles.
  • La prévention avec le kiné du sport et le médecin est essentielle
Cette page vous a plu ?
Afin de nous aider à vous proposer toujours plus de contenus pertinents, n'hésitez pas à noter cette page
1 Étoile2 Étoiles3 Étoiles4 Étoiles5 Étoiles
17 votes
Moyenne : 4,29 sur 5
Loading...

Commentaire

navigate to top

COMMENCEZ À TAPER ET APPUYEZ SUR LA TOUCHE ENTRÉE POUR LANCER LA RECHERCHE