Traumatologie football Jérôme Auger Kinésithérapeute

Quelques chiffres relatifs au joueur de foot professionnel et ses blessures – Le saviez vous ?

  • on recense plus de 2 millions de licenciés en France
  • les blessures occasionnant plus de 3 jours d’invalidité sportive sont les plus nombreuses
  • le football présente un risque élevé de blessure chaque année
  • une étude portant sur 20 clubs professionnels de ligue 1 et ligue 2 a recensé plus de 830 blessures et 489 joueurs ont été blessés !
  • la majorité des blessures surviennent en match
  • en moyenne une blessure occasionne 35 jours d’arrêt sportif, soit plus d’un mois d’arrêt de la compétition.
  • Quand on connaît les enjeux financiers et sportifs on peut considérer qu’une saison peut être gâchée par la blessure d’un ou plusieurs joueurs clé
  • 87% des blessures concernent les membres inférieurs (hanche, genou, cuisses, jambe et cheville pied)
  • encore plus fou : 1 blessure sur 2 concerne les muscles de la cuisse : les ischios jambiers, les adducteurs ou le quadriceps
  • le genou est l’articulation la plus touchée
  • pour 1 000 heures de jeu on recense 3,5 blessures
  • pour 1000 heures de match on passe à 18 blessures !
  • l’atteinte des ligaments du genou représente 60 % des blessures du genou
  • L’atteinte des ligaments de la cheville représente 70 % des blessures de la cheville
  • Si la blessure se situe à la tête alors dans 8 cas sur 10 il s’agit d’une commotion cérébrale qui impose la mise en place du protocole des commotions cérébrales chez le sportif
  • statistiquement, un joueur professionnel de notre championnat de Ligue 1 a quasiment la certitude de se blesser et d’être victime d’un accident musculaire autour de la cuisse au cours d’une saison
  • 1 accident musculaire (déchirure musculaire, élongation, claquage, contusion) sur 2 concerne les muscles ischios jambiers, le quadriceps 1 sur 4 et les adducteurs ⅕
  • les footballeurs les plus souvent blessés sont ceux qui ont entre 20 et 25 ans
  • les blessures graves qui occasionnent plus de 30 jours d’invalidité sportive représente environ 30 % des blessures
  • les chiffres français sont similaires à ceux des autres championnats européens
  • 1 footballeur professionnel européen sur 5 se blesse aux ischios jambiers chaque saison
  • plusieurs millions de personnes chaque année selon l’OMS incluant l’ensemble des lésions allant de l’élongation jusqu’à la désinsertion complète de l’ensemble musculo-tendineux
  • la lésion musculaires grave (déchirure ou désinsertion) est la blessure principale du footballeur et entraîne un arrêt long de la compétition (au moins un mois)
  • lésions intrinsèque ou contusion (choc avec un adversaire, coup reçu sur le corps charnu (“béquille”)
  • lésions extrinsèques : élongation, déchirure (ou claquage), désinsertion musculo-tendineuse

Pourquoi les blessures musculaires laissent des séquelles et cicatrisent parfois mal?

  • Les fibres se régénèrent après une déchirure musculaire
  • Le tissu conjonctif qui constitue l’enveloppe et les tendons des muscles ne se régénère pas : il forme une cicatrice qui peut rester gênante.
  • la déchirure peut siéger à la jonction entre le muscle et le tendon
  • il peut s’agir d’une rupture de l’insertion des fibres musculaires sur une lame aponévrotique (semi-tendineux, semi-membraneux) mais le tissu tendineux reste intact
  • la jonction entre différents corps charnus musculaires
  • la lésion se fait soit lors d’un choc direct qui éclate les fibres musculaires, soit lors d’un effort brutal et explosif comme un sprint, une réception de saut entraînant un étirement ou une contraction brutale de l’ensemble musculo-tendineux.
  • On retrouve des lésions sur le tissu conjonctif et les jonctions entre les muscles et les tendons.

Comment est fait le diagnostic?

  • Le diagnostic est effectué par le médecin en se basant sur les éléments cliniques couplée à l’échographie.
  • Signes cliniques :
      • ecchymoses (bleus en regard de la lésion)
      • oedème local
      • impossibilité de contracter et de mettre en tension les muscles
      • impossible de marcher longtemps
      • mécanisme lésionnel
      • palpation douloureuse sur le muscle
      • perception d’un craquement ou d’un claquement dans le muscle

Quels examens complémentaires ?

  • L’imagerie sert à évaluer précisément la sévérité et le siège des lésions des muscles de la cuisse du footballeur
  • Echographie + IRM = cela permet un bilan précis à la recherche des lésions du tissu conjonctif qui peut être la cause de la gravité de la lésion
  • IRM = utilisé en cas de doute diagnostic, bilan préopératoire, évolution défavorable, discordance entre la clinique et les données de l’échographie, lésions profondes

Quel traitement par le médecin du sport pour les footballeurs ?

  • Traitement : 3 phases
  • 1/ J0-J3 : Limiter l’œdème et le saignement : protocole RICE. Pas d’anti inflammatoires. Antalgiques à la demande. Kinésithérapie +++
  • 2/ J4-J21 : cicatrisation : kinésithérapie +++. Antalgique à la demande
  • 3/ Après J21 : Réadaptation et réentraînement : kinésithérapie +++
  • Les injections de plasma enrichi en plaquettes sont à l’étude pour les lésions grave
  • Les blessures musculaires sont sources d’invalidité sportive, de réduction des contacts sociaux, facteur de récidive et de douleurs chroniques et de séquelles sportives qui peuvent même aller jusqu’à l’arrêt définitif du football

Quel traitement en kiné du sport pour les footballeurs ?

  • Massages pour améliorer les glissements, mobiliser les tissus mous, augmenter les capacités proprioceptives, lutter contre les adhérences causées par l’inflammation et la baisse de l’activité.
  • Drainage lymphatique manuel,
  • protocole RICE (Rest, Ice, Compression, Elevation) dès la blessure jusqu’au 3ème jour.
  • Contractions musculaires très douces activo-passives très douces et sous le seuil douloureux. Contractions musculaires excentriques précoces à minima dès J1 pour éviter une fibrose cicatricielle de mauvaise qualité
  • J4/J21 : massothérapie, mobilisations des tissus mous pour éviter les adhérences cicatricielles, mise en tension des éléments pour améliorer leur cicatrisation, étirements longitudinaux et transversaux des cloisons conjonctives, mobilisations articulaires progressives, activopassives, puis actives douces, physiothérapie TECAR, renforcement musculaire isométrique, centrique, excentrique. On augmente d’abord le nombre de répétitions, puis la charge, puis enfin la vitesse. Reprise progressive des activités fonctionnelles : marche, montée descente escalier, s’accroupir. On peut continuer à entraîner le système cardio vasculaire en pédalant avec une seule jambe et en conservant le membre atteint sur un tabouret à côté du vélo.
  • Après J21 : Après l’échographie de contrôle de la 3ème semaine, il faut s’assurer que les contractions musculaires et les mises en tension ne sont plus douloureuses pour commencer le travail de réadaptation et de réathlétisation en augmentant progressivement les charges et la vitesse d’exécution. Renforcement musculaire dans les 3 modes de contractions et en faisant varier les courses, proprioception, préparation physique générale et réathlétisation sur le geste sportif.
    Contrôle échographique à J21

Prévention de la blessure chez le joueur de foot ?

  • bilan médical de pré saison : évaluation des antécédents (musculaires surtout), tests physiques, échographie, séances de kiné préventive
  • de saison après la trêve
  • pas d’étirements statiques avant effort
  • ne jamais négliger l’échauffement général et spécifique avant chaque séance d’entraînement
  • renforcement musculaire et étirements pour augmenter la force et l’extensibilité des muscles de la cuisse
  • C’est la principale cause de douleurs chroniques chez le footballeur et c’est la 1ère cause d’invalidité du footballeur professionnel
  • Les meilleurs conseils sont la prévention qui passe par des bilans médicaux réguliers et des séances chez le kinésithérapeute du sport, la précision du diagnostic et la rééducation

Quelles conclusions en tirer et quels sont les conseils à donner aux footballeurs?

  • on peut imaginer que le footballeur professionnel est mieux préparé, mieux entraîné, mieux suivi que le footballeur amateur et on peut extrapoler en pensant que le monde amateur subit plus de blessures car moins de staff médical, moins d’expertise sur les entraînements et les efforts
  • 2 pics dans l’année : pré et début de saison, puis mi-saison
  • elles surviennent plutôt en fin de mi-temps dans les sports collectifs
Cette page vous a plu ?
Afin de nous aider à vous proposer toujours plus de contenus pertinents, n'hésitez pas à noter cette page
1 Étoile2 Étoiles3 Étoiles4 Étoiles5 Étoiles
18 votes
Moyenne : 4,33 sur 5
Loading...

Commentaire

navigate to top

COMMENCEZ À TAPER ET APPUYEZ SUR LA TOUCHE ENTRÉE POUR LANCER LA RECHERCHE