Tendinites, tendinopathies, ruptures du tendon — symptômes, diagnostics, traitements

Tendinites, tendinopathies, ruptures du tendon — symptômes, diagnostics, traitements

Les articulations sont stabilisées par des ensembles musculo-tendineux soumis à de fortes contraintes qui occasionnent la survenue de pathologies du tendon. Différentes parties du tendon peuvent être atteintes: corps du tendon, la zone d’insertion du tendon sur l’os (l’enthèse), la zone d’insertion du muscle sur le tendon (le jonction myo-tendineuse), la gaine synoviale, les poulies de réflexion, et les bourses séreuses facilitant le glissement du tendon contre l’os.

Le diagnostic se fait sur la clinique et les symptômes : la triade douloureuse (douleur à la palpation, à l’étirement, à la contraction). Les traitements utilisés sont fonctionnels et médicamenteux assortis de conseils d’hygiène de vie et sportive.

Kinésithérapie et ostéopathie contre les tendinites à Paris | Jerome Auger

Diagnostic d’une tendinopathie

Il repose sur les données de l’interrogatoire et l’examen clinique. On retrouve classiquement la triade douloureuse: douleur à l’étirement, douleur à la contraction, douleur à la palpation.

L’interrogatoire doit mettre en évidence les caractéristiques de la douleur:

  • mode d’apparition: progressif la plupart du temps, parfois brutal en fonction des activités
  • ancienneté des douleurs: elles peuvent être récentes ou au contraire durer depuis plusieurs mois
  • l’horaire, le rythme et l’intensité des douleurs: elles orientent la gravité d’atteinte du tendon
  • retentissement fonctionnel: dans les activités quotidiennes et les activités sportives
  • l’évolution des douleurs et de la gêne fonctionnelle: dans la grande majorité des cas la gêne est modérée au début puis de plus en plus invalidante. Elles augmentent en intensité et en durée et peuvent aboutir à une douleur permanente
  • influence du repos et des traitements: les facteurs calmants et aggravants orientent le diagnostic. Dans la grande majorité des cas la douleur est calmée par le repos. Puis si la douleur persiste, le repos devient de moins en moins efficace et les traitements médicamenteux deviennent inefficaces.
  • la recherche de facteurs favorisants et de causes étiologiques: recherche d’un foyer infectieux ORL ou la bouche, un apport hydrique insuffisant, une alimentation déséquilibrée. Ces éléments sont d’un intérêt très relatif mais ne sont pas dénués d’intérêt.

Les facteurs favorisants

  • facteurs techniques comme les technopathies sportives: mauvais chaussage, mouvements répétitifs mal conduits, erreurs d’entraînement, modifications récentes. Il faut rechercher les modifications en quantité ou en qualité ou en spécificité.

Examen clinique

  • Palpation: elle doit être minutieuse sur l’ensemble du trajet du tendon depuis l’insertion des fibres charnues musculaires jusqu’à l’enthèse et l’insertion sur l’os. Il faudra surtout rechercher un nodule sur le corps du tendon qui témoigne d’un épaississement du tendon. On peut retrouver des crépitations et des crissements en palpant le tendon. On retrouvera aussi une chaleur locale.
  • Etirement passif: il est souvent douloureux
  • Contraction contre résistance manuelle: c’est le signe clinique fondamental qui oriente le diagnostic

Tableau clinique de tendinite mécanique

  • La douleur est d’horaire mécanique, calmée par le repos, réveillée par l’effort
  • Progressivement l’horaire des douleurs devient mixte et la douleur est présente la nuit, accentuée par l’effort et le repos ne calme que partiellement la douleur. la douleur réveille le patient lors des changements de position s’accompagnant d’un dérouillage matinal.
  • La douleur s’installe progressivement en cas de micro-traumatismes répétés
  • Le siège de la douleur peut être facilement décrit
  • Au membre inférieur la douleur peut être de survenue brutale lors de la réception d’un saut ou d’un départ de sprint par exemple
  • Triade symptomatique: douleur à l’étirement passif, douleur à la palpation, douleur à la contraction contre résistance
  • La mobilisation passive et active de l’articulation peut être modifiée par la tendinopathie
  • On pourra retrouver des nodules sur le corps du tendon

Tableau clinique de tendinite inflammatoire

  • L’horaire des douleurs permet d’affirmer l’origine inflammatoire des douleurs.
  • La douleur est permanente s’accompagnant de réveils nocturnes en deuxième partie de nuit.
  • Le patient décrit un dérouillage matinal prolongé.
  • L’examen clinique met en évidence la triade douloureuse décrite plus haut, mais le retentissement fonctionnel est plus important que dans le cas d’une tendinopathie mécanique.
  • On retrouvera les signes généraux du processus inflammatoire: rougeur, chaleur, tuméfaction.
  • On retrouve parfois une sensation de crépitation semblable à des pas dans la neige.
  • La douleur est reproduite par la palpation, la mise en tension passive du tendon. En revanche la contraction contre résistance peut être indolore.
  • L’examen clinique recherche aussi des signes généraux (d’autres localisations, fièvre,etc) et la porte d’entrée infectieuse.

Thérapeutiques

  • Repos: utile dans les syndromes de surmenage / malmenage local. Il est difficile à faire respecter par le patient et souvent insuffisant.
  • Traitement médicamenteux: il repose sur les antalgiques et éventuellement des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) avec un dose suffisamment élevée pour avoir un réel impact thérapeutique.
  • Infiltrations locales: elles visent à réduire la réaction inflammatoire et les réactions douloureuses. Le repos est nécessaire pendant 10 à 15 jours après l’infiltration.
  • Traitement par injection de concentré plaquettaire: ce traitement concerne les tendinopathies rebelles au traitement médical et rééducatif bien conduit. Le procédé consiste en une injection de plasma du patient enrichi des plaquettes pour favoriser la cicatrisation tendineuse.
  • Rééducation: le traitement classique consiste en des massages, massages transverses profonds, ultrasons, électrothérapie antalgique, étirement excentrique selon la technique de Stanish, cryothérapie, et ondes de choc radiales. Une revue de la littérature récente (2015) montre l’effet positif des ondes de choc radiales versus toutes les autres options thérapeutiques (plasma enrichi en plaquettes, infiltrations).
  • Les ondes de choc radiales ne provoquent que très peu de douleurs cr nous adaptons l’intensité à votre ressenti. En cas de douleur on utilisera alors les ondes de choc focales qui sont beaucoup mieux supportées mais qui ont l’inconvénient d’être plus chères.
  • Traitement chirurgical: peignage tendineux, réparation des ruptures partielles.

Prévention et hygiène de vie sportive

  • Echauffement 20 minutes
  • Utilisation d’un matériel de bonne qualité (chaussures adaptées au type d’effort, semelles de podologue, raquettes adaptées, clubs de golf, etc)
  • Travail technique sportif indispensable même à un bon niveau de pratique
  • Récupération active avec un effort modéré (petite course) et des étirements doux

Jérôme Auger Kinésithérapeute du sport, Ostéopathe DO Paris

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