Kinésithérapie nourrissons Jérôme Auger

Dès les premiers mois de la vie, les nourrissons rencontrent un certain nombre de maux qui peuvent être soulagés efficacement grâce à la kinésithérapie. Les soins les plus couramment pratiqués relèvent de la kinésithérapie respiratoire, mais d’autres affections peuvent aussi être prises en charge.

Lorsqu’on évoque la kinésithérapie pour les nourrissons et jeunes enfants, on pense d’abord à la kinésithérapie respiratoire. Les malformations orthopédiques, et certains troubles moteurs ou même digestifs, font partie des autres indications possibles.

Kinésithérapie respiratoire pour l’enfant

Pendant les premières semaines de vie de leur enfant, de nombreux parents ont recours à des actes de kinésithérapie respiratoire. En effet, les nourrissons souffrent souvent de bronchiolite, une pathologie fréquente chez l’enfant de moins de 1 an, qui peut dans de rares cas mener à une hospitalisation.

Chez les nourrissons, qui ne sont pas en mesure de tousser et de se moucher, les sécrétions s’accumulent au niveau des bronchioles, ce qui peut gêner leur respiration. Le kinésithérapeute intervient alors pour désobstruer l’appareil respiratoire du bébé, grâce à des techniques spécifiques qui remplacent la toux (on parle de drainage bronchique ou désencombrement bronchique).

Depuis fin 2019, la kiné respiratoire n’est plus recommandée par la Haute Autorité de Santé pour le traitement de la bronchiolite chez l’enfant. En effet, plusieurs études ont mis en évidence que les actes de kinésithérapie ne permettent pas de réduire la durée d’hospitalisation des nourrissons, et que les techniques conventionnelles de désencombrement peuvent provoquer des effets indésirables. Toutefois, le rôle du kinésithérapeute ne se limite pas au drainage bronchique ; formé pour ausculter et suivre les nourrissons, il peut tout à fait accompagner les parents et les rediriger si besoin vers le médecin traitant ou les urgences.

Troubles intestinaux des bébés et kiné

Les dérèglements du transit intestinal sont un autre trouble fréquent chez les bébés. Pour lutter contre la diarrhée, les ballonnements ou encore la constipation du nourrisson, le kinésithérapeute réalise des massages doux au niveau du ventre. La technique est généralement enseignée aux parents, pour que le soin puisse être réalisé à domicile en toute autonomie. Ces massages peuvent être effectués très tôt, dès que le cordon ombilical a cicatrisé.

Malformations du nourrisson et kinésithérapie

Certains nourrissons viennent au monde avec des malformations osseuses au niveau des pieds, comme le pied-bot. Cette déformation est acquise lors du développement embryonnaire, à cause d’une malposition du foetus. Deux traitements sont possibles : un traitement orthopédique avec une succession de plâtres, et un traitement fonctionnel par attelle, avec des séances quotidiennes de kinésithérapie. Pour que ce traitement fonctionnel soit efficace, il doit être débuté dès les premiers jours de la vie.

Une autre malformation courante concerne le crâne : c’est la fameuse tête plate du nourrisson, ou plagiocéphalie. Souvent détectée au bout de quelques semaines de vie, cette malformation est généralement bénigne (le cerveau de l’enfant n’est pas affecté). Pour autant, les autorités de santé recommandent de consulter un médecin qui prescrira des soins de kinésithérapie pour la corriger, particulièrement lorsque l’enfant peine à bouger son cou (torticolis congénital). Non prise en charge, la plagiocéphalie peut à terme entraîner un certain nombre de troubles qui ne sont pas uniquement esthétiques : asymétrie du visage, déformation de la mâchoire, troubles du langage ou encore risque accru de scoliose. Les soins donnés par le kiné visent à libérer l’amplitude articulaire de l’enfant, et propose aux parents des conseils pour améliorer sa posture au quotidien.

Problèmes moteurs chez l’enfant et kiné

Plusieurs troubles du développement psychomoteur de l’enfant peuvent aussi être pris en charge. Ainsi, vous pouvez par exemple vous faire aider d’un kinésithérapeute si vous suspectez un retard chez votre enfant, par exemple sur l’acquisition de la marche. Le kiné réalise alors un bilan neuromoteur, et peut vous proposer une rééducation. Plus globalement, la kinésithérapie neuromotrice peut intervenir sur un certain nombre de pathologies neurologiques : infirmité motrice, hémiplégie, pathologies héréditaires ou acquises des suites d’un accident… L’objectif des séances est de rétablir au mieux la commande musculaire, grâce à des mouvements et exercices spécifiques. La répétition de ces exercices permet au nourrisson de maîtriser progressivement les mouvements, afin de se rapprocher du développement psychomoteur normal pour son âge. Là encore, plus le trouble est repéré tôt, plus le traitement a des chances d’être efficace.

Les actes pratiqués en kinésithérapie pédiatrique

Les soins effectués en kinésithérapie pédiatrique dépendent du type de pathologie du nourrisson. Il s’agit de techniques douces, adaptées à l’âge de l’enfant, à ses particularités et à son développement.

Désencombrement des bronches de l’enfant lors des séances de kiné

Dans le cadre de la kinésithérapie respiratoire, le spécialiste aide le nourrisson à expulser les sécrétions qui encombrent ses bronches (désencombrement bronchique). Ce désencombrement est obtenu par la technique dite de l’accélération du flux expiratoire (AFE) . Concrètement, le kiné place une main au niveau du thorax de l’enfant et une autre au niveau de sa poitrine ; il applique ensuite des pressions sur des points précis, de manière plus ou moins rythmée. Ces pressions vont provoquer un réflexe de toux chez le bébé, lui permettant d’expulser.

Correction de la plagiocéphalie et du torticolis du bébé chez le kiné

Pour la plagiocéphalie et le torticolis, le kiné procède d’abord à une observation des postures spontanées de l’enfant, suivi d’un bilan fonctionnel. Pour effectuer ce bilan, le nourrisson est placé dans différentes positions permettant d’évaluer le degré d’asymétrie et de détecter certains mouvements anormaux.

Suite à ce bilan, le kinéisthérapeute propose généralement une rééducation motrice globale, éventuellement accompagnée d’étirements. Tout le corps est sollicité via divers exercices moteurs et postures, dans le but d’équilibrer le tonus musculaire et corriger l’asymétrie.

Le rôle des parents est crucial pour la correction de la plagiocéphalie et du torticolis. En effet, une bonne partie du traitement repose sur le positionnement correct du bébé (portage, couchage), ainsi que sur sa stimulation au quotidien et sa manière de jouer. Le kiné vous apprend les bons gestes pour prolonger à la maison les bénéfices de la rééducation.

Massage bébé par le kiné

Masser un bébé permet d’éviter et soulager un certain nombre de troubles bénins (troubles du transit, maux de dents, troubles du sommeil), mais aussi de favoriser son développement psychomoteur et de renforcer le lien avec les parents. Le kinésithérapeute est formé pour prodiguer aux nourrissons des massages adaptés à la fragilité de leur corps, qui contribuent à leur bien-être et à leur santé générale.

Lors des séances de massage bébé, les parents assistent au soin ; le kiné vous montre les différentes techniques employées, pour que vous puissiez le pratiquer à domicile si besoin est.

Rééducation neuromotrice par le kinésithérapeute

En rééducation neuromotrice, plusieurs exercices sont proposés, en fonction de la nature de l’enfant et de ses éventuelles pathologies. Pour les troubles de l’acquisition motrice, le travail de rééducation se fait essentiellement au sol. En position allongée, le bébé apprend à mettre en place tous les schémas moteurs qui lui permettront de marcher. Les déplacements induits lui permettent de mobiliser ses articulations, contracter ses muscles, mais aussi travailler l’équilibre et la coordination. Ces éléments sont bénéfiques pour l’apprentissage de la marche, mais aussi pour corriger d’autres acquisitions.

La kinésithérapie pour les nourrissons : informations pratiques

Les séances de kinésithérapie du nourrisson sont prescrites par un pédiatre. Il s’agit donc d’actes conventionnés, qui sont pris en charge par la Sécurité Sociale.

La durée des séances et du traitement dépend de la pathologie traitée, mais aussi des réactions du nourrisson. Dans certains cas, il est difficile de savoir combien de séances seront nécessaires. En général, il faut compter 5 séances de kinésithérapie respiratoire, et une dizaine en cas de torticolis. les handicaps moteurs nécessitent une prise en charge chronique.

Enfin, il faut savoir que les séances ne sont pas douloureuses pour les nourrissons. Beaucoup de parents craignent que les manipulations du kiné soient source de douleur, une crainte amplifiée par les pleurs du bébé lors des séances. Les pleurs sont pourtant un simple moyen de communication exprimant la gêne de l’enfant qui est bousculé dans son confort et ses habitudes.

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